Le 25 mars 2026, à New York, une résolution historique a été votée par l’Assemblée générale des Nations unies : l’esclavage et la traite transatlantique sont désormais qualifiés de « plus grave crime contre l’humanité ». Si cette annonce marque une victoire symbolique pour les pays du Sud, elle a suscité une levée de boucliers en Occident.
L’historien Vincent Duclert, chercheur à l’EHESS, analyse dans une tribune pour Le Monde les enjeux de cette décision qui place le droit face à la science historique.
Un vote qui divise les blocs mondiaux
Le texte a révélé des fractures diplomatiques majeures :
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Opposition frontale : Les États-Unis, sous l’impulsion de Donald Trump, ont voté contre, y voyant une menace pour l’unité nationale américaine.
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Abstention française : Malgré la loi Taubira de 2001, la France s’est abstenue. Un choix qui interroge, alors qu’Emmanuel Macron a fait de la résolution des conflits mémoriels un axe de son mandat.
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Le point de friction : La qualification de crime « le plus grave ». Pour les pays occidentaux, le droit ne reconnaît pas de hiérarchie entre les crimes contre l’humanité.
Détresse des sociétés vs agendas politiques
Pour Vincent Duclert, cette volonté des pays africains et caraïbes de criminaliser l’histoire traduit une « forme de détresse » face au silence persistant sur ces traumatismes. Cependant, l’historien met en garde contre le passage systématique par le droit :
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La liberté de recherche : L’histoire ne peut voir ses conclusions dictées par avance par des résolutions politiques.
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Le risque de stigmatisation : Une lecture purement juridique risque de réduire l’histoire à un outil de condamnation des nations héritières, au détriment d’une compréhension complexe des faits.
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L’exemple algérien : En décembre 2025, l’Algérie avait déjà voté une loi criminalisant la colonisation, illustrant cette tendance mondiale à la judiciarisation du p







