Le Sahel vit une mutation institutionnelle sans précédent. Sous l’égide de la Confédération des États du Sahel (AES), le Mali, le Burkina Faso et le Niger s’affranchissent du cadre traditionnel de la Cédéao pour bâtir une gouvernance régionale intégrée. Ce projet, formalisé le 6 juillet 2024 à Niamey, repose sur le triptyque des « trois D » : Défense, Diplomatie et Développement.
Une réponse sécuritaire et financière commune
Face aux défis terroristes, les forces de l’AES coordonnent désormais leurs opérations, particulièrement dans la zone stratégique du Liptako-Gourma. Cette solidarité se manifeste également par la création de fonds de soutien, comme le fonds de solidarité nigérien, destinés à financer l’équipement militaire et la prise en charge des victimes de guerre. L’objectif est clair : reprendre le contrôle territorial total tout en assurant une autonomie financière vis-à-vis des partenaires extérieurs.
Vers un espace économique intégré
L’ambition de la Confédération dépasse le domaine militaire. Plusieurs projets structurants sont déjà sur les rails :
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Corridors logistiques pour désenclaver la région.
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Zones agricoles communes pour renforcer la souveraineté alimentaire.
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Instruments financiers partagés et réflexion sur une monnaie commune.
D’ici 2030, les investissements prévus se comptent en milliards d’euros. Pour les chefs de la diplomatie des trois pays, l’AES n’est plus seulement une alliance de circonstance, mais un acteur autonome capable de définir ses propres orientations stratégiques sur la scène internationale.







