Après des décennies d’isolement diplomatique, l’Érythrée opère un rapprochement progressif avec les institutions internationales et les puissances occidentales. Porté par sa position stratégique le long de la mer Rouge et par le contexte de tensions sécuritaires au Moyen-Orient, le régime du président Issayas Afewerki réinvestit les instances des Nations unies tout en voyant les États-Unis rouvrir les canaux de discussion avec Asmara.
Des responsabilités accrues au sein de l’ONU
Longtemps tenue à l’écart, l’Érythrée a obtenu plusieurs fonctions de représentation au sein du système usien, décrochant un siège au Conseil économique et social (ECOSOC), une vice-présidence de la prochaine Assemblée générale ainsi que la présidence du Forum social du Conseil des droits de l’homme. Selon des experts de la Corne de l’Afrique, ce redéploiement traduit un changement de posture d’Asmara, soucieuse de défendre ses intérêts sur la scène multilatérale, en dépit des critiques persistantes du Conseil des droits de l’homme concernant la situation politique et les libertés fondamentales dans le pays.
La mer Rouge, pivot d’un intérêt stratégique renouvelé
Ce repositionnement s’explique principalement par la situation géopolitique régionale. Les perturbations du commerce maritime liées aux attaques des Houthis et l’insécurité autour du détroit de Bab el-Mandeb ont renforcé la valeur stratégique des États riverains de la mer Rouge pour les acteurs internationaux. Dans ce cadre, l’administration américaine a initié une reprise des échanges diplomatiques avec le régime érythréen, tout en conservant pour l’heure des sanctions ciblées héritées du conflit du Tigré.







