Les citoyens de la Guinée-Bissau ont été appelés aux urnes ce dimanche 30 août pour se prononcer par référendum sur un projet de nouvelle Constitution. Porté par la junte au pouvoir depuis le coup d’État de novembre dernier, le texte prévoit de basculer d’un système semi-parlementaire vers un régime présidentiel fort afin de stabiliser les institutions du pays. Marquée par le boycott d’une partie de l’opposition et des conditions météorologiques difficiles, cette consultation s’est déroulée sans grande affluence, à quelques mois de l’élection présidentielle promise pour le 6 décembre.
Vers un pouvoir exécutif renforcé
Le projet de nouvelle Constitution vise à modifier en profondeur l’architecture institutionnelle du pays en éliminant le modèle semi-parlementaire actuel. Ce dernier, qui voyait le Premier ministre issu de la majorité parlementaire, a souvent conduit à des cohabitations conflictuelles et à de graves crises politiques dans ce pays marqué par de multiples coups d’État depuis son indépendance en 1974. Le nouveau texte accorde ainsi au chef de l’État le pouvoir discrétionnaire de nommer et de révoquer le gouvernement, tout en lui concédant la prérogative de dissoudre le Parlement. Pour les autorités de transition, emmenées par le général Horta N’Tam, cette réforme est indispensable pour garantir l’efficacité et la quiétude des futurs mandats présidentiels.
Une consultation sous le signe des tensions et du boycott
L’organisation de ce référendum par un pouvoir non élu suscite de vives contestations au sein de la classe politique et de la société civile. Le PAIGC, parti historique de l’indépendance, ainsi que la Ligue bissau-guinéenne des droits humains ont ouvertement appelé au boycott, dénonçant un climat de restriction des libertés publiques et une concentration jugée dangereuse des pouvoirs entre les mains d’un seul homme. Sur le terrain, l’affluence est demeurée mitigée, freinée à la fois par les appels des opposants et par de fortes intempéries liées à la saison des pluies dans plusieurs régions du pays. Ce scrutin constitue néanmoins un jalon crucial avant le retour des civils au pouvoir, fixé au 6 décembre prochain.







