À sept mois de l’échéance présidentielle de 2027, le court central de Roland-Garros a accueilli ce jeudi 27 août le premier grand débat politique de la rentrée économique.
Organisée lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) du Medef sur le thème du « courage », la joute verbale a réuni sept prétendants majeurs confrontés aux interrogations des chefs d’entreprise sur la dette, les salaires et la compétitivité.
Les axes clés du débat
Temps de travail et coût de l’emploi : Bruno Retailleau et Édouard Philippe préconisent d’augmenter la durée du travail et d’alléger le coût du travail. Gabriel Attal propose de revenir sur les hausses appliquées depuis 2024, tandis que Marine Le Pen privilégie la baisse de la TVA sur l’énergie plutôt que de nouvelles exonérations sur les salaires.
Redistribution et pouvoir d’achat : Raphaël Glucksmann suggère de réduire la CSG sur les salaires en la compensant par une taxation des « méga-héritages ». À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon plaide pour la revalorisation du SMIC, l’augmentation générale des salaires et le retour à la retraite à 60 ans pour préserver la consommation.
Transition énergétique et simplification : Marine Tondelier défend un plan massif dans les énergies renouvelables pour stabiliser le coût de l’électricité. Gabriel Attal met en avant la simplification normative et la limitation à un seul recours pour les projets industriels.
Synthèse des propositions et interventions des candidats
| Candidat | Orientation principale | Mesures phares énoncées |
| Gabriel Attal | Compétitivité & Simplification | Annulation des hausses du coût du travail depuis 2024 ; création d’une « Constitution du travail » de 50 pages ; limitation des recours écologistes. |
| Édouard Philippe | Politique de l’offre & Fiscalité | Suppression de 50 milliards d’euros d’aides aux entreprises contre 50 milliards de baisse d’impôts de production ; sanctuarisation du pacte Dutreil. |
| Bruno Retailleau | Incitation au travail | Suppression des cotisations à partir de la 36e heure travaillée (-35 % sur le coût du travail additionnel) ; lutte contre le « social-étatisme ». |
| Marine Le Pen | Pouvoir d’achat via l’énergie | Refus de nouvelles baisses du coût du travail ; réduction de la TVA sur l’énergie ; plan d’économies budgétaires massif. |
| Raphaël Glucksmann | Justice fiscale & Europe | Baisser la CSG salariale financée par les « méga-héritages » ; mettre en œuvre un protectionnisme européen face à la Chine. |
| Jean-Luc Mélenchon | Relance par la consommation | Augmentation des salaires et du SMIC ; retraite à 60 ans ; désobéissance aux règles européennes contraires aux intérêts nationaux. |
| Marine Tondelier | Transition & PME | Investissement massif dans les énergies renouvelables pour baisser la facture énergétique des entreprises ; accompagnement climatique des PME. |
Bilan de la séquence politique
Bien que rythmé par des échanges nourris durant près de trois heures, ce premier face-à-face met en évidence deux visions irréconciliables pour l’économie française : un bloc d’inspiration libérale et conservatrice axé sur la baisse des charges et la hausse du temps de travail, face à une gauche scindée entre la relance par les salaires et l’investissement accéléré dans la transition écologique.







