La crise des droits des travailleurs s’accentue à l’échelle globale et n’épargne plus les nations historiquement considérées comme des bastions démocratiques. Publiée le lundi 1er juin 2026, la treizième édition de l’indice mondial de la Confédération syndicale internationale (CSI) révèle une détérioration marquée par une hausse de l’usage de la force, des arrestations et de la surveillance numérique à l’encontre des salariés.
Selon Luc Triangle, secrétaire général de la CSI, cette crise est devenue systémique et s’apparente à « une attaque coordonnée contre la démocratie un coup d’État des milliardaires, soutenu par des dirigeants politiques » visant à réduire les travailleurs au silence au profit d’intérêts financiers.
La France et les États-Unis pointés du doigt
L’indice 2026 met en exergue le déclin des libertés syndicales au sein de pays jadis jugés stables :
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La France : Le pays enregistre son pire classement historique. La CSI dénonce un affaiblissement prolongé des droits, illustré notamment par la répression des militants syndicaux et l’adoption de mesures restrictives visant les manifestations.
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Les États-Unis : Washington intègre officiellement la liste des pays à surveiller. L’organisation y pointe une accélération des atteintes aux libertés, caractérisée par des restrictions sévères sur la négociation collective et le recours à la force contre le personnel mobilisé.
Trois tendances structurelles majeures
L’enquête, qui s’appuie sur 97 indicateurs liés aux conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT), met en lumière trois dérives mondiales interdépendantes :
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Le ciblage des leaders syndicaux : Les dirigeants de premier plan font face à une multiplication des poursuites judiciaires, des détentions et des actes de violence.
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La surveillance numérique : Le déploiement d’outils technologiques de contrôle au sein des entreprises sert de plus en plus à briser les velléités de mobilisation syndicale et à encadrer le personnel.
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L’exclusion des instances de consultation : Les gouvernements ont de moins en moins recours au dialogue social et écartent sciemment les syndicats lors de l’élaboration de nouvelles réformes ou lois sur le travail.
L’Argentine s’effondre, l’Europe s’inquiète
La zone euro-américaine affiche ses pires résultats depuis la création de l’indice en 2014, une dynamique corrélée par la CSI à la montée de l’extrême droite en Europe, génératrice d’hostilité envers l’action syndicale.
Cependant, la chute la plus spectaculaire est attribuée à l’Argentine, qui rejoint le groupe des « pires pays au monde pour les travailleurs ». En seulement deux ans, sous la présidence de l’ultralibéral Javier Milei (au pouvoir depuis fin 2023), les droits des salariés ont connu une régression historique. La CSI fustige l’activation de son « protocole » anti-manifestations, qui accroît les pouvoirs des forces de l’ordre, faisant planer une ombre qui « fait écho à certains des chapitres les plus sombres de l’histoire du pays ».
Le Top 10 des pires pays pour les droits des travailleurs (2026) :
L’Argentine, le Panama, la Biélorussie, l’Égypte, l’Équateur, l’Eswatini, la Birmanie, le Nigeria, la Tunisie et la Turquie.
À l’inverse, seuls huit pays à travers le globe, majoritairement européens comme l’Allemagne, le Danemark ou l’Islande, rejoints par l’Uruguay font figure de bons élèves où seules des violations sporadiques ont été répertoriées.







