Les vagues de chaleur à répétition et le manque de précipitations en Europe mettent à rude épreuve la production d’électricité nucléaire. De la Meuse au Danube, la baisse critique du débit des cours d’eau et le réchauffement des eaux contraignent plusieurs pays, dont la France, la Hongrie et la Roumanie, à mettre à l’arrêt ou à réduire la puissance de leurs réacteurs.
Des arrêts stratégiques et des mesures de crise en Europe
Le refroidissement des centrales nucléaires nécessite des volumes d’eau considérables tirés des fleuves ou du littoral. Face à la sécheresse estivale, plusieurs installations ont dû adapter leur fonctionnement :
En France : EDF a mis à l’arrêt les réacteurs de Chooz (Ardennes) en vertu d’un accord partagé sur la Meuse avec la Belgique, ainsi qu’un réacteur à Cattenom (Moselle) pour préserver l’écosystème fluvial.
En Hongrie : La centrale de Paks, qui couvre un tiers des besoins de l’Europe centrale, a frôlé l’arrêt total en raison de la baisse du Danube, poussant le gouvernement à restreindre la consommation industrielle.
En Roumanie : À Cernavoda, la marine militaire a dû faire sauter des rochers dans le lit du Danube pour dériver l’eau vers la centrale et éviter une coupure majeure.
Une vulnérabilité croissante face au défi climatique
Si la France conserve un solde électrique largement exportateur en 2026 grâce à la résilience globale de son parc, la question de la durabilité de l’atome face au climat fait débat :
Réglementation environnementale : Les seuils administratifs sur la température des rejets d’eau chaude protègent la faune et la flore, mais imposent des arrêts lors des pic de chaleur.
Perspectives à long terme : Le programme Explore2 (Inrae) anticipe une baisse moyenne de 15 % du niveau d’étiage des fleuves français d’ici 2050, menaçant de prolonger la durée des indisponibilités de centrales.
Décarbonation et renouvelables : Alors que les énergies bas carbone représentent 72 % de l’électricité européenne, la transition s’accélère désormais principalement grâce au solaire et à l’éolien (47,5 % en 2024).







