Dans un rapport consacré à la croissance et à l’emploi au Maroc publié ce mardi 11 août 2026, la Banque mondiale révèle une inadéquation croissante entre le niveau de formation des jeunes diplômés et la réalité du marché du travail. Selon l’institution, 43 % des diplômés du supérieur âgés de 25 à 34 ans occupent un poste pour lequel ils sont surqualifiés.
Une surqualification en hausse continue
S’appuyant sur les données du Haut-commissariat au Plan (HCP), l’étude indique que le taux de surqualification a progressé de 9 points en sept ans. Ce phénomène affecte encore plus lourdement les diplômés de la formation professionnelle et technique, où le taux atteint 70 %. Cette situation nourrit un sentiment de frustration sociale parmi la jeunesse, une tension déjà exprimée lors des manifestations du mouvement GenZ212 à l’automne dernier.
Un marché du travail à la peine
Si le Maroc a renforcé son statut de puissance industrielle à l’échelle continentale, la création d’emplois à haute valeur ajoutée peine à absorber l’arrivée massive de profils qualifiés. Le pays compte aujourd’hui environ 40 000 diplômés du supérieur supplémentaires chaque année par rapport à 2015. Ce décalage entre l’offre et la demande s’inscrit dans une problématique plus large partagée par plusieurs nations d’Afrique et d’Europe, à l’instar de l’Espagne où la surqualification touche environ 35 % de la population active.







