L’écrivain et dramaturge hongrois Péter Nádas est décédé ce mercredi 26 août à l’âge de 83 ans dans sa résidence de Gombosszeg. Régulièrement pressenti pour le prix Nobel de littérature, il laisse une œuvre monumentale marquée par l’exploration de la mémoire, l’histoire européenne et une critique lucide des régimes autoritaires.
Une œuvre majeure marquée par le souffle proustien
Né à Budapest en 1942 dans une famille juive touchée par la Seconde Guerre mondiale, Péter Nádas entame son parcours par la photographie et le journalisme avant de publier sa première œuvre, La Bible, en 1967. Il acquiert une renommée internationale majeure grâce à deux romans expérimentaux :
Le Livre des mémoires (1986) : Rédigé sur une décennie, ce texte salué par l’essayiste américaine Susan Sontag interroge l’identité et le temps avec une rigueur stylistique souvent comparée à celle de Marcel Proust.
Histoires parallèles (2005) : Une fresque monumentale de plus de 1 000 pages qui aura exigé dix-huit années d’écriture pour dresser la fresque des déchirements de l’Europe centrale.
La mort seul à seul (2004) : Un récit introspectif né de son expérience d’arrêt cardiaque survenu en 1993.
Un regard critique et indépendant sur la société hongroise
Observateur engagé de l’histoire politique de son pays, Péter Nádas avait choisi de vivre retiré dans la campagne hongroise tout en conservant une parole intellectuelle écoutée. Féroce critique des dérives autocratiques et du système du Premier ministre Viktor Orbán, il défendait la littérature comme une exigence d’émancipation personnelle essentielle pour préserver la société du déclin intellectuel.







