L’Église catholique traverse une crise de vocation sans précédent en Belgique, pays de tradition pourtant historique. Face à ce constat alarmant, l’évêque d’Anvers, Mgr Johan Bonny, a décidé de pousser un véritable cri du cœur en plaidant pour l’ordination d’hommes mariés. Dans un entretien accordé à l’AFP ce 2 avril 2026, le prélat de 70 ans interpelle directement la hiérarchie romaine sur l’urgence de réformer le célibat sacerdotal pour assurer l’avenir des paroisses, notamment en Flandre où le nombre de prêtres actifs s’est effondré en quelques décennies.
Un constat de pénurie alarmant dans le diocèse d’Anvers
La situation démographique du clergé belge néerlandophone est devenue critique avec des prêtres vieillissants et une relève quasi inexistante. Mgr Bonny rappelle qu’il y a quarante ans, son diocèse comptait au moins 1 500 prêtres, alors qu’ils sont aujourd’hui moins de 100 en activité. Si les paroisses francophones bénéficient parfois du renfort de prêtres africains, la barrière de la langue complique cette solution dans le nord du pays. L’évêque souligne que de nombreux hommes mariés de sa région possèdent toutes les qualités requises pour le sacerdoce et que le maintien d’une règle de célibat rigide prive l’institution de serviteurs dévoués et compétents.
Une volonté de réforme face au silence du Vatican
Mgr Bonny ne se contente pas de mots et a déjà exprimé son souhait de passer à l’action dans le cadre du processus synodal qui doit aboutir en 2028. Il prévoit de multiplier les efforts durant les deux prochaines années pour permettre l’ordination de quelques hommes mariés à Anvers, malgré l’absence de réaction officielle du Vatican pour le moment. Cette prise de position s’inscrit dans la lignée de ses combats passés, lui qui a déjà milité pour la bénédiction des couples de même sexe et dénoncé l’omerta sur les crimes pédocriminels au sein de l’Église belge.
Restaurer la crédibilité et le bien-être du clergé
Au-delà de la simple gestion des effectifs, l’évêque invoque des raisons humaines et morales pour justifier cette évolution nécessaire. Il pointe du doigt la souffrance liée à l’isolement de certains prêtres et estime que l’ouverture du mariage permettrait d’assainir le clergé tout en améliorant son image publique. Après les scandales d’abus sexuels qui ont provoqué un nombre record de renoncements au baptême en Flandre, Mgr Bonny voit dans cette réforme un levier indispensable pour restaurer la crédibilité d’une institution en pleine crise de confiance.







