Le chancelier allemand Friedrich Merz a suggéré d’accorder à l’Ukraine un statut inédit de « membre associé » de l’Union européenne. Dans une lettre adressée ce jeudi 21 mai 2026 aux dirigeants des institutions européennes, Berlin souhaite ainsi arrimer Kiev au bloc communautaire en attendant une adhésion pleine et entière, dont le processus s’annonce long et complexe.
Une intégration politique sans droit de vote
Face aux lourdeurs des procédures de ratification et aux réformes structurelles exigées, Friedrich Merz reconnaît qu’une intégration définitive ne pourra pas aboutir dans un avenir proche. Pour éviter le statu quo, la proposition allemande prévoit :
Une participation de l’Ukraine à certaines réunions du Conseil européen.
La création d’un poste de commissaire européen « associé » (sans portefeuille).
L’intégration de députés ukrainiens « associés » au Parlement européen, sans droit de vote.
Bien que le président Volodymyr Zelensky exige une intégration totale et rapide, Berlin insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une « adhésion light », mais d’une passerelle concrète vers l’intégration définitive.
Des négociations bloquées par le volet agricole
Candidate officielle depuis décembre 2023, l’Ukraine a vu ses discussions freinées par le veto historique de la Hongrie. Le récent changement politique à Budapest, marqué par la victoire de Peter Magyar aux élections du 12 avril 2026, laisse espérer une ouverture prochaine des négociations officielles. Toutefois, les tractations s’annoncent particulièrement ardues, notamment sur le plan agricole. La puissance agroalimentaire de l’Ukraine suscite de vives inquiétudes chez plusieurs pays membres, à commencer par la France, qui redoutent une déstabilisation du marché commun.







