La situation sécuritaire et humanitaire en Haïti franchit de nouveaux seuils dramatiques. Lors de l’ouverture de la session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU ce lundi 15 juin 2026, le Haut-Commissaire Volker Türk a dressé un bilan terrifiant de la criminalité qui ravage le pays. Depuis le début de l’année, la violence armée des bandes criminelles a coûté la vie à au moins 2 300 personnes. Face à ce chaos persistant, caractérisé par une totale impunité, les Nations Unies pressent la communauté internationale de déployer d’urgence la nouvelle force multinationale de substitution.
Un bilan effroyable sous le signe de l’impunité
Les chiffres présentés par le Haut-Commissariat de l’ONU témoignent d’une terreur quotidienne pour la population haïtienne. En moins de six mois, le conflit des gangs a provoqué, en plus des 2 300 décès recensés, au moins 1 100 blessés et 99 enlèvements crapuleux. Volker Türk a fermement exhorté les dirigeants locaux à agir sans délai pour rebâtir des structures judiciaires capables de stopper ce cycle d’impunité. Les populations civiles de Port-au-Prince demeurent les premières victimes des viols, meurtres et pillages orchestrés par des coalitions criminelles de plus en plus structurées.
L’appel à un déploiement urgent de la FRG
Pour tenter d’endiguer cette crise, le système international adapte son approche. Après le retrait, fin avril, des derniers contingents de policiers kényans qui composaient la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), l’attention se tourne vers la nouvelle structure validée par le Conseil de sécurité : la Force de répression des gangs (FRG). Contrairement à sa devancière, cette entité intègrera des forces militaires, dont un groupe attendu de 1 500 soldats tchadiens. Le plan de déploiement progressif par phases, chapeauté par un groupe de partenaires mené par les États-Unis, prévoit d’atteindre un plafond de 5 500 personnels en uniforme pour pacifier le pays, alors que le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, est attendu sur place dès ce mardi.







