Au Mali, le groupe jihadiste JNIM met progressivement sa menace à exécution en resserrant l’étau autour de la capitale, Bamako. Cette montée en pression intervient après une série d’attaques majeures ayant visé le cœur du pouvoir, notamment à Kati, où le ministre de la Défense a été tué. Parallèlement, l’armée malienne a subi des revers dans plusieurs régions, perdant le contrôle de villes stratégiques au profit de groupes rebelles.

Depuis mercredi, la situation s’aggrave avec la coupure ou la perturbation de plusieurs axes routiers menant à Bamako. À l’ouest, sur la route Bamako–Kéniéba, le trafic est totalement bloqué. À Sorybougou, situé à moins de 80 kilomètres de la capitale, des centaines de véhicules, camions, cars et voitures sont immobilisés. Des milliers de passagers, épuisés, se retrouvent coincés depuis des heures, parfois sans eau ni assistance, rapporte Rfi.
Un chauffeur sur place raconte que les jihadistes ont simplement interdit l’accès à Bamako sans recourir à la violence, bloquant tous les véhicules entrants, y compris les motos. Plus de 1 000 véhicules seraient ainsi immobilisés, dont au moins 80 cars remplis de voyageurs, dispersés aux abords de la route.
Face à cette situation, certains usagers préfèrent faire demi-tour. Un témoin explique avoir quitté Kéniéba en direction de Bamako avant d’être informé, à Néguéla, de l’impossibilité de poursuivre le trajet, le contraignant à rebrousser chemin. Il décrit une situation particulièrement préoccupante.
D’autres axes sont également touchés. À Naréna, sur une route stratégique, des centaines de véhicules auraient aussi été bloqués. Sur l’axe Bamako–Ségou, les transporteurs tentent de s’adapter en empruntant des itinéraires de contournement, notamment via la forêt de Faya et le pont de Kayo, en direction de Koulikoro, afin de rejoindre la capitale.
Selon plusieurs sources, les jihadistes autorisent les sorties de Bamako mais interdisent les entrées, renforçant ainsi la pression sur la ville. Malgré tout, certains bus ont réussi à atteindre la capitale en évitant les axes principaux.
Norbert MEGAN YAOVI







