Le régime théocratique de Téhéran sort paradoxalement renforcé de l’épreuve des armes. Au terme de l’offensive militaire américano-israélienne contre l’Iran, un accord de paix surprise a été scellé cette semaine entre Washington et Téhéran. Loin de s’effondrer comme l’espérait l’administration de Donald Trump, le pouvoir des religieux ultraconservateurs désormais incarné par le guide suprême Mojtaba Khamenei – reste solidement en place, tandis que les mouvements d’opposition intérieurs et en exil se retrouvent totalement marginalisés et affaiblis.
L’échec et les divisions de l’opposition en exil
L’espoir d’une transition démocratique porté par la diaspora s’est fracassé sur la réalité du terrain. Au début du conflit, déclenché dans la foulée des grandes manifestations populaires de janvier 2026, Washington espérait que les bombardements provoqueraient un soulèvement général. Si l’élimination de l’ancien guide Ali Khamenei le 28 février a suscité des scènes de joie éphémères, les velléités de l’opposition en exil ont échoué. Des figures comme Reza Pahlavi, fils du chah déchu, ou Maryam Radjavi, dirigeante des Moudjahidines du peuple (OMPI), n’ont jamais réussi à bâtir une coalition unie, préférant s’entredéchirer plutôt que de saisir l’opportunité politique.
Un sentiment de trahison chez les dissidents
À Téhéran, le soulagement de la fin des combats est lourdement entaché par un sentiment d’abandon de la part des démocrates iraniens. Le vice-président américain JD Vance a d’ailleurs clarifié la doctrine de la Maison Blanche, rappelant que l’intervention militaire visait uniquement à neutraliser le programme nucléaire iranien et non à changer de régime. Pour de nombreux citoyens restés sur place, la signature de ce protocole international est perçue comme une alliance contre nature. Les habitants déplorent que les destructions matérielles et le marasme économique n’aient finalement servi qu’à offrir un prétexte idéal au pouvoir pour durcir son contrôle social.
Une répression féroce sous couvert de guerre
Le bilan humanitaire de ces derniers mois s’avère dramatique pour la société civile. Selon l’ONG Iran Human Rights, les autorités ont profité du chaos ambiant pour mener une purge de grande envergure contre toute dissidence interne, qualifiée d’« émeute terroriste ». Plus de 40 exécutions de prisonniers politiques ont été formellement enregistrées par les Nations Unies depuis le début des hostilités. Face à cette situation, la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, a tiré la sonnette d’alarme, avertissant que l’absence de clauses relatives aux droits humains dans l’accord américano-iranien laissait les militants locaux sans aucune protection internationale face à de futures exactions.







