Coup de tonnerre au cœur du tribunal international de La Haye. Le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a été officiellement suspendu de ses fonctions le lundi 8 juin 2026 dans la soirée. Cette décision, prise par le bureau de l’Assemblée des États parties, renvoie désormais son sort institutionnel devant les 125 États membres de la Cour, qui auront la lourde tâche de voter pour son maintien ou sa révocation définitive.
Une décision contestée par la défense
Le magistrat britannique de 56 ans, déjà mis en retrait de manière volontaire depuis mai 2025, est visé par des accusations d’inconduite et d’agression sexuelle à l’encontre d’une employée de son équipe. Bien que le bureau de l’Assemblée ait souligné que cette suspension conservatoire « ne préjuge pas de l’issue finale » de l’affaire, les conclusions évoquent des soupçons de « faute grave ».
La réaction du camp Khan ne s’est pas fait attendre. Ses avocats ont immédiatement dénoncé une mesure « illégale », « inéquitable sur le plan procédural » et dénuée de fondement matériel. En effet, la procédure en cours fait suite à une enquête de l’ONU dont les conclusions sont sujettes à interprétation : si les enquêteurs des Nations unies ont retenu des éléments factuels, un panel de trois juges de la Cour avait estimé en mars dernier que les preuves restaient insuffisantes pour lever tout doute raisonnable.
Une première historique en pleine tempête géopolitique
Karim Khan devient le tout premier procureur de la CPI à écoper d’une suspension formelle par l’organe de supervision de la Cour. Ce séisme interne intervient dans un climat géopolitique d’une rare intensité. L’affaire avait éclaté publiquement en 2024, au moment exact où le procureur s’apprêtait à émettre des mandats d’arrêt internationaux contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre présumés à Gaza. Une initiative qui avait valu à Karim Khan et à ses juges de lourdes sanctions financières et administratives de la part de Washington.
Le feuilleton judiciaire et politique connaîtra son prochain tournant décisif le 17 juin 2026, date à laquelle sera fixée la prochaine assemblée générale extraordinaire où les 125 États parties scelleront définitivement l’avenir du procureur britannique.







