Le 13 mars 2026 marquait la 26e Journée mondiale du sommeil. Le bilan de l’Institut national du sommeil et de la vigilance est sans appel. Les Français dorment trop peu, trop mal, et de plus en plus souvent avec un écran allumé à côté d’eux.
6h50 par nuit : en dessous des recommandations
Les chiffres de l’enquête INSV et OpinionWay 2026 tombent comme un verdict. Les Français dorment en moyenne 6h50 par nuit en semaine. C’est en dessous des 7 à 9 heures recommandées par les médecins pour un adulte. Le week-end, la durée monte à 7h48. Cet écart d’une heure révèle une dette de sommeil accumulée chaque semaine.
Un Français sur quatre dort moins de six heures par nuit en semaine. Ce chiffre est alarmant. Chez les moins de 35 ans, 62 % se réveillent fatigus. Les femmes sont les plus touchées. Près d’une sur trois se déclare insatisfaite de son sommeil, contre un homme sur cinq. Les spécialistes estiment que les Français dorment environ une heure et demie de moins qu’il y a cinquante ans.
38 % souffrent de troubles : l’insomnie en tête
Les troubles du sommeil touchent 38 % des Français. L’insomnie arrive largement en premier. Elle concerne 21 % des personnes interrogées. Chez les femmes, ce taux monte à 27 %. Derrière l’insomnie : les troubles du rythme circadien, l’apnée du sommeil et le syndrome des jambes sans repos.
L’hypersomnolence, c’est-à-dire une somnolence excessive et chronique, touche 35 % des Français. Un conducteur sur quatre a connu un épisode de somnolence au volant dans les douze derniers mois. La sécurité routière le confirme : la somnolence est impliquée dans un accident mortel sur trois. Le sommeil est un enjeu de santé publique. Ce n’est pas un enjeu de confort.
Écrans, bruit et chaleur : les ennemis de nos nuits
L’enquête pointe trois grands perturbateurs. Le premier est le smartphone. 58 % des Français dorment avec leur téléphone allumé dans la chambre. La lumière bleue des écrans retarde l’endormissement. Elle réduit la qualité du sommeil paradoxal, essentiel à la régénération cérébrale. Parmi ceux qui gardent leur téléphone allumé la nuit, 41 % souffrent d’hypersomnolence.
Le deuxième perturbateur est le bruit. Plus d’un tiers des Français déclare être gêné par le bruit la nuit. Un quart est réveillé par les notifications de son smartphone. Le troisième facteur est la chaleur. Une température supérieure à 21 °C dans la chambre allonge le temps d’endormissement de 31 à 46 minutes. Lors des dernières vagues de chaleur, 81 % des Français ont eu un sommeil perturbé.
Malgré ce constat sombre, une bonne nouvelle émerge. Les Français prennent conscience de l’importance du sommeil. Dans l’enquête, 42 % placent « bien dormir » en premier pilier de santé, devant « bien manger » à 38 % et « bien bouger » à 20 %. C’est un changement culturel réel. Il reste à le transformer en habitudes concrètes.







