Vendredi 13 mars 2026, à 6 heures du matin, la lave du Piton de la Fournaise atteint la route nationale 2 à La Réunion. En 30 secondes, elle traverse le bitume. Trois bras de coulée coupent la route. Cela ne s’était pas produit depuis 2007.
Un mois d’éruption, un dénouement spectaculaire
Le Piton de la Fournaise est entré en éruption le 13 février 2026. Pendant un mois, la lave progresse lentement sur les grandes pentes du massif volcanique. Elle avance par tunnel, s’arrête, repart. Les Réunionnais et les touristes affluent sur la route des laves pour observer le spectacle nocturne. Des milliers de curieux se pressent aux barrières installées par la gendarmerie.
Le 12 mars, la préfecture de La Réunion déclenche la phase d’alerte 2.2 du dispositif ORSEC volcan. La RN2 est fermée à la circulation entre Saint-Philippe et Sainte-Rose à partir de 15 heures. Les autorités installent des points de retournement. Les pitons et les scientifiques de l’Observatoire volcanologique suivent l’avancée en temps réel.
6h du matin : la lave touche l’asphalte
Vendredi 13 mars à 6h exactement, le premier bras de coulée atteint le bitume de la RN2 au bas des Grandes Pentes. En à peine trente secondes, il traverse la route sur une largeur de 15 mètres et une hauteur de 1,5 mètre. Une demi-heure plus tard, un second bras coupe à son tour la chaussée. Un troisième arrive dans la matinée. À 13h, trois bras de coulée ont traversé la route nationale.
Le préfet de La Réunion, Patrice Latron, arrive sur place par hélicoptère à 9 heures. Il échange avec Aline Peltier, directrice de l’Observatoire volcanologique. Les coulées progressent vers l’océan Indien. La plus avancée se situe à environ 500 mètres du rivage. La navigation est interdite dans un rayon d’un mille nautique autour de la zone. Le survol de drones est également prohibé jusqu’au 16 mars.
Un spectacle inédit depuis 20 ans
La dernière fois que la lave du Piton de la Fournaise avait traversé la RN2, c’était en 2007, au niveau du Tremblet. Avant cela, six évènements similaires se sont produits depuis 1977. Ce phénomène rare provoque l’émerveillement autant que l’inquiétude. Les Réunionnais présents aux barrières témoignent. Une habitante confie : c’est une chance unique, on ne se rend pas compte de la puissance de la nature.
Au total, l’éruption a déjà émis environ 12 millions de mètres cubes de lave depuis le 13 février. La route restera coupée pour des mois. Sa remise en état nécessitera des travaux importants. Pour les habitants du Sud sauvage et de Sainte-Rose, les conséquences sont quotidiennes. Les trajets vers d’autres communes sont rallonges. L’est de l’île est partiellement isolé. Le volcan, lui, continue de couler vers la mer.







