Le gouvernement fédéral allemand a officiellement haussé le ton ce samedi 26 avril 2026. Berlin attribue désormais à la Russie la responsabilité d’une campagne de piratage d’envergure ciblant la messagerie sécurisée Signal, utilisée par de hauts responsables politiques, des militaires et des journalistes depuis février dernier.
Le mode opératoire : Un phishing sophistiqué
La fuite de données, que les autorités affirment avoir désormais « contenue », a été opérée via des techniques de hameçonnage (phishing). Les attaquants se sont fait passer pour des contacts de confiance afin d’inciter leurs cibles à cliquer sur des liens corrompus ou à communiquer des codes d’accès. L’objectif clair était d’infiltrer les communications privées de personnalités clés, dont la présidente de la chambre basse du Parlement, dans un contexte de fortes tensions liées au soutien militaire allemand à l’Ukraine.
Une inquiétude majeure au Bundestag
Si le parquet fédéral enquête pour « suspicion d’espionnage », les experts en sécurité nationale ne cachent pas leur préoccupation. Konstantin von Notz (élus des Verts) a qualifié l’ampleur du piratage d’« extrêmement préoccupante », soulignant que l’intégrité des échanges entre députés n’est plus garantie. Le nombre de victimes pourrait encore augmenter à mesure que les services de renseignement approfondissent leurs analyses.
Contexte : L’Allemagne, cible privilégiée
Ce n’est pas la première fois que Berlin est dans le viseur des cyber-unités russes. En tant que principal fournisseur européen d’aide militaire à Kiev, l’Allemagne subit depuis des années des tentatives de sabotage et d’espionnage informatique. Moscou, de son côté, continue de démentir systématiquement toute implication dans ces opérations de déstabilisation.
Point technique : Le piratage ne remet pas en cause le chiffrement de bout en bout de l’application Signal elle-même, mais illustre la vulnérabilité de l’utilisateur face à des techniques d’ingénierie sociale visant à prendre le contrôle du compte.







