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15/06/2026
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24h dans le MondeActualitésEuropeArménie : Des élections sous pression russe

Arménie : Des élections sous pression russe

À l’approche des élections législatives cruciales prévues ce dimanche 7 juin, l’Arménie se retrouve au cœur d’un bras de fer géopolitique intense. Cet État caucasien de trois millions d’habitants fait face à une multiplication des pressions et des sanctions économiques de la part de la Russie. Le Kremlin tente par tous les moyens de maintenir son ancien allié historique dans son orbite alors qu’Erevan multiplie les démarches pour se rapprocher de l’Occident.

Le virage occidental de Nikol Pachinian

Le Premier ministre sortant, Nikol Pachinian, au pouvoir depuis 2018, assume ouvertement cette rupture stratégique avec Moscou. Cet ancien journaliste de 51 ans, allié du président américain Donald Trump, a fait voter en 2025 une loi engageant le processus d’adhésion de l’Arménie à l’Union européenne (UE). Récemment, l’irritation de la Russie a été exacerbée par deux événements majeurs :

  • La signature d’un accord de partenariat stratégique entre Erevan et Washington le mois dernier.

  • La visite hautement symbolique du président ukrainien Volodymyr Zelensky en Arménie à l’occasion d’une réunion de dirigeants européens.

Malgré les menaces constantes de Moscou, Nikol Pachinian et son parti pro-occidental « Contrat civil » (KP) sont donnés largement favoris par les sondages pour le scrutin de dimanche. Fait notable, le Premier ministre sortant a déjà annoncé qu’il se rendrait en Russie juste après les élections pour s’entretenir avec Vladimir Poutine.

L’arme économique et le chantage énergétique du Kremlin

Face à la perte d’influence de la Russie embourbée dans son conflit en Ukraine, le Kremlin utilise ses leviers économiques comme autant d’avertissements. Moscou menace notamment de suspendre ses accords de fourniture de pétrole et de gaz à bas prix si l’Arménie poursuit son rapprochement avec l’UE. De plus, une exclusion de l’Union économique eurasiatique est évoquée, ce qui représenterait un séisme pour Erevan : la Russie pesait pour 35 % du commerce extérieur arménien en 2025, contre seulement 11 % pour l’UE.

Sur le plan commercial, les autorités russes ont multiplié les sanctions ciblées sous couvert de sécurité phytosanitaire, bloquant le principal débouché des produits frais arméniens :

  • Depuis le 30 mai : Interdiction temporaire d’importer des tomates, concombres, poivrons et fraises d’Arménie.

  • Depuis ce mardi : Restrictions supplémentaires appliquées sur différents types de fruits.

L’opposition pro-russe en embuscade

Pour contrer cette dynamique euro-atlantique, Moscou s’appuie sur des relais politiques locaux. Le principal adversaire de Pachinian est le milliardaire russo-arménien Samvel Karapetian (44e fortune de Russie selon Forbes), qui accuse le gouvernement actuel de chercher à attiser une guerre avec Moscou par sa « ruée imprudente » vers l’Occident. Les services de renseignement occidentaux et des enquêtes d’investigation (Dossier Center) révèlent également que le Kremlin mise sur la candidature d’Arman Tatoyan, ex-défenseur des droits humains, qui prône une approche pragmatique vis-à-vis de la puissance russe.

De son côté, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, n’a pas caché l’inquiétude profonde de Moscou, fustigeant la stratégie des Occidentaux qui se vantent, selon elle, de vouloir « détacher » l’Arménie de l’influence russe. Le scrutin de dimanche fera office de véritable référendum sur la souveraineté et l’orientation internationale du pays.

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