Face à une crise énergétique persistante, le gouvernement malgache a franchi une étape majeure dans la nationalisation de ses importations d’hydrocarbures. Ce mercredi 12 août à Toamasina, l’État a réceptionné le tanker Sunda 1, transportant 67 millions de litres de gasoil réservés à la compagnie nationale JIRAMA. Cette première opération publique vise à garantir la production d’électricité, même si elle suscite de vives tensions logistiques avec les opérateurs pétroliers privés du pays.
Une opération d’urgence pour sécuriser la JIRAMA
En vertu de la réforme de l’aval pétrolier adoptée début juillet et mise en œuvre par la State Procurement of Madagascar (SPM), cette cargaison négociée avec le groupe Sahara doit couvrir six mois de besoins pour les centrales thermiques publiques. En plein état d’urgence énergétique, les autorités entendent ainsi sanctuariser l’approvisionnement des services essentiels face aux perturbations du marché mondial et aux défaillances récurrentes du réseau électrique.
Frictions logistiques au port de Toamasina
L’arrivée du navire public crée toutefois d’importants embouteillages au terminal pétrolier de Toamasina. Le Groupement pétrolier de Madagascar (GPM), représentant les compagnies privées, dénonce la réquisition des capacités de stockage par l’État, qui bloque le déchargement de leurs propres tankers commerciaux déjà programmés. Si le gouvernement assure que les deux circuits peuvent cohabiter en alternant les déchargements, cette première phase met en lumière la fragilité des infrastructures d’accueil de l’île.







