Dix ans après sa célèbre répartie face à un journaliste finlandais, le président Recep Tayyip Erdogan semble avoir durci radicalement le ton. Depuis l’arrestation du maire d’Istanbul le 19 mars 2025, la justice turque est perçue comme le bras armé d’un régime qui ne tolère plus aucune dissonance. Au pouvoir depuis vingt-trois ans, le chef de l’État verrouille l’espace public, transformant toute critique en un périlleux parcours judiciaire.
Une explosion des inculpations politiques
Les avocats turcs tirent la sonnette d’alarme face à une multiplication sans précédent des procès d’opinion. La répression ne cible plus seulement l’opposition traditionnelle, mais s’étend désormais aux voix critiques au sein même du camp présidentiel. Cette dérive autoritaire se traduit par des arrestations de célébrités, de responsables politiques et de journalistes, illustrant une volonté de neutraliser toute forme de contestation avant qu’elle ne gagne en influence.
La surveillance étroite de l’espace numérique
S’en prendre à l’homme fort d’Ankara sur les réseaux sociaux peut désormais mener directement en garde à vue. Les descentes de police au petit matin pour une simple phrase publiée en ligne sont devenues monnaie courante en Turquie. Cette stratégie d’intimidation vise à instaurer un climat de peur et d’autocensure, rendant la liberté d’expression de plus en plus illusoire dans un pays où la chronique judiciaire est désormais rythmée par la traque des « offenses » au chef de l’État.







