Un virage diplomatique majeur s’opère au Moyen-Orient. Ce lundi 29 juin 2026, le ministre irakien des Affaires étrangères, Fouad Hussein, a entamé une visite officielle à Damas. Il s’agit du tout premier déplacement d’un responsable politique d’un tel rang en Syrie depuis le renversement du régime de Bachar el-Assad à la fin de l’année 2024.
Une normalisation face au nouveau pouvoir
Pendant des années, les autorités de Bagdad s’étaient imposées comme l’un des soutiens régionaux les plus proches du dictateur déchu. Face à la prise de pouvoir de l’ancien djihadiste Ahmed al-Charaa (ex-Abou Mohammad al-Joulani), l’Irak avait initialement choisi de marquer une nette distance prudente avec les nouvelles autorités syriennes.
Cependant, la réalité géopolitique et sécuritaire semble l’emporter sur les réticences idéologiques. Bagdad souhaite aujourd’hui rétablir des canaux officiels et stabiliser les relations économiques et politiques avec son voisin direct.
L’enjeu crucial de la frontière
Au cœur des discussions de cette visite historique se trouve une priorité absolue pour la sécurité nationale irakienne : le contrôle de la frontière. Les deux nations partagent plus de 600 kilomètres de frontière commune, une zone sensible sujette aux trafics, aux mouvements de populations et aux infiltrations de groupes armés.
Cette rencontre marque le point de départ d’une tentative de sécurisation mutuelle et d’une réintégration progressive de la nouvelle Syrie dans l’échiquier diplomatique régional.







