Six jours après le double séisme dévastateur qui a frappé le Venezuela, les espoirs de retrouver des survivants ont laissé place à une tragédie humanitaire et sanitaire d’une ampleur inédite. Tandis que le sol continue de trembler (une réplique de magnitude 4,6 a secoué Caracas ce lundi), les secours et les services médico-légaux sont totalement submergés par le traitement des dépouilles. Le bilan officiel provisoire grimpe à 1 719 morts, mais l’ONU craint le pire avec près de 50.000 personnes portées disparues.
Le calvaire des familles dans les morgues de fortune
Sur les quais du port de La Guaira, sous une chaleur étouffante dépassant les 30 °C, des morgues à ciel ouvert ont été improvisées à la hâte. L’identification des corps est devenue un parcours du combattant traumatisant pour les proches. Les victimes ayant été surprises à leur domicile, la quasi-totalité ne possède aucune pièce d’identité sur elle.
« C’est pour ça que nous, les proches, on doit passer entre les morts pour chercher les membres de notre famille. Et il y en a vraiment beaucoup. Dans le pire état que vous pouvez imaginer », témoigne Karina Castro, venue chercher le corps de sa cousine.
Un système médical à court de moyens
L’identification scientifique des corps s’avère extrêmement compromise en raison de l’état de décomposition avancé des victimes restées plusieurs jours sous les décombres et de la pénurie matérielle qui paralyse les infrastructures :
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Manque de matériel critique : Le pays fait face à une absence totale de sacs en plastique mortuaires.
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Recours d’urgence à la chaux : Bien que l’utilisation de la chaux vive soit officiellement proscrite car elle accélère la destruction des tissus, efface les traits du visage et détruit les empreintes digitales, les services hospitaliers l’utilisent massivement dans des fosses communes pour des raisons sanitaires évidentes.
Une mobilisation internationale massive
Le coordinateur des Nations unies au Venezuela, Gianluca Rampolla Del Tindaro, a dressé un premier état des lieux des destructions, estimant qu’au moins 2 500 bâtiments ont été touchés, la plupart s’étant intégralement effondrés.
Pour tenter de pallier les besoins logistiques les plus urgents, l’ONU a annoncé l’acheminement en urgence de 10 000 sacs mortuaires. Sur le terrain, la solidarité internationale s’est organisée : 27 pays ont déjà envoyé plus de 40 équipes de secours, représentant un contingent de plus de 2000 secouristes et 160 chiens de détection, qui continuent de s’activer dans les décombres malgré des chances de survie désormais jugées quasi nulles.







