L’activité judiciaire a été particulièrement intense le mois dernier dans la capitale nigérienne. Le parquet près le tribunal de grande instance hors classe de Niamey a récemment présenté son rapport mensuel d’activité pour le mois de juin 2026. Sur plus de 400 procès-verbaux passés au crible par les magistrats, les infractions à caractère terroriste se hissent désormais au premier rang des procédures menées.
Le terrorisme, premier motif de poursuite devant le vol
Le rapport dresse une typologie précise des affaires pénales qui engorgent la juridiction de la capitale, mettant en lumière la prépondérance des dossiers liés à l’insécurité systémique qui frappe la région :
Association de malfaiteurs terroriste : 80 dossiers ont été traités en juin, devenant la première catégorie d’infraction devant les vols qualifiés (74 affaires).
Logistique et soutien : S’y ajoutent 27 cas d’appui direct au terrorisme, 5 dossiers de financement de réseaux et 3 procédures pour recel de terroristes.
Pour les spécialistes de la région, à l’image de l’expert Ladji Ouattara, ces indicateurs traduisent une dégradation de la sécurité globale. La capitale Niamey est de plus en plus exposée aux infiltrations des groupes armés, comme en témoignent les deux attaques majeures ayant visé la zone aéroportuaire depuis le début de l’année 2026, ou encore l’enlèvement d’un ressortissant américain survenu il y a quelques mois.
Un système judiciaire au bord de l’asphyxie ?
Ce flux massif de procédures pose la question cruciale des capacités réelles de la réponse judiciaire nigérienne. Le ministre de la Justice, Alio Daouda, concédait lui-même il y a deux mois à la télévision d’État des indicateurs structurels fragiles, marqués par une couverture juridictionnelle limitée à 70 % et un ratio critique d’un seul magistrat pour plus de 50 000 habitants.
Cette surcharge pourrait d’ailleurs impacter directement la qualité des procédures. Sur les 600 individus déférés devant le parquet au cours du mois de juin, plus de la moitié ont finalement bénéficié d’un classement sans suite. Un taux exceptionnellement élevé qui, selon les analystes, met en exergue le risque d’enquêtes préliminaires bâclées par manque de temps ou de vagues d’arrestations abusives en amont.







