Le Sénégal replonge dans une profonde zone de turbulences politiques. Ce dimanche 12 juillet 2026, à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège de son parti (le Pastef) à Touba, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a violemment attaqué son ancien allié et actuel chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Fort d’une large majorité parlementaire, l’ancien Premier ministre limogé de son poste le 22 mai dernier avant de rebondir au perchoir quatre jours plus tard s’est dit prêt à utiliser l’arme de la motion de censure pour renverser le gouvernement « autant de fois qu’il sera nécessaire ».
L’ex-allié accuse le président de trahison souverainiste
Derrière cette virulence verbale se cache une rupture idéologique majeure quant à la gouvernance économique du pays. Ousmane Sonko accuse frontalement le président de la République et son Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, de renoncer à leurs promesses électorales, notamment sur la renégociation des contrats stratégiques liés aux ressources naturelles comme le phosphate. Pointant du doigt une dette publique devenue « quasi impayable », l’absence de programme de soutien avec le FMI et l’inaction face à la crise socio-économique, le chef du Pastef affirme que l’exécutif délaisse l’intérêt des Sénégalais pour se concentrer sur la création d’une nouvelle écurie politique.
La réplique du Premier ministre face au blocage institutionnel
La réaction de l’exécutif ne s’est pas fait attendre. Face aux menaces répétées de blocage de l’appareil législatif, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a vertement répliqué sur les réseaux sociaux, lançant que « chercher à faire du patriotisme le monopole d’un seul camp revient, précisément, à le trahir ». Ce conflit ouvert intervient par ailleurs dans un climat institutionnel déjà électrique : le 9 juillet, le Conseil constitutionnel a censuré une réforme parlementaire votée par la majorité de Sonko qui visait à modifier l’équilibre des pouvoirs au détriment de la présidence, matérialisant une guerre totale entre les deux têtes de l’État.







