Face à l’accentuation des pressions économiques découlant du conflit au Moyen-Orient, la Banque mondiale s’apprête à accroître son soutien financier international. Son président, Ajay Banga, a confirmé l’ouverture de tractations avec 30 à 40 pays particulièrement exposés à la hausse des prix de l’énergie, du diesel et des engrais, ainsi qu’à la hausse des coûts d’emprunt.
Disposant d’une capacité d’intervention immédiate de 50 à 60 milliards de dollars via le redéploiement de projets et des fonds d’urgence, l’institution de Washington pourrait porter sa réponse globale jusqu’à 100 milliards de dollars en cas d’aggravation de la situation. Cette annonce intervient alors que le remboursement de la dette extérieure des pays en développement atteindra un pic d’environ 400 milliards de dollars en 2026, restreignant drastiquement les marges budgétaires des États.
Les priorités d’action de la Banque mondiale
Mobilisation d’urgence : Réorientation prioritaire des financements existants et déblocage de lignes de crédit d’urgence pour faire face aux chocs énergétiques et alimentaires.
Allègement du fardeau de la dette : Élaboration de mécanismes de refinancement avec le FMI, sur le modèle des opérations menées en Angola et en Côte d’Ivoire.
Projections en Afrique subsaharienne : Prise en compte d’une inflation régionale en hausse (5,5 %) et des risques climatiques accrus liés au phénomène El Niño.
Des réorganisations budgétaires préférées
En marge des préparatifs des Assemblées annuelles à Bangkok, Ajay Banga a souligné que de nombreux gouvernements privilégient actuellement la réaffectation de crédits d’infrastructures vers des besoins urgents plutôt que la souscription de nouveaux prêts. Cette stratégie vise à préserver les capacités financières nationales pour maintenir les investissements essentiels dans la santé, l’éducation et l’accès à l’eau potable.







