Dans l’archipel volcanique des îles Éoliennes, situé au nord de la Sicile, l’accès à l’eau potable est devenu une problématique quotidienne critique, exacerbée par l’afflux touristique estival. Sans ressources hydriques naturelles, ces territoires insulaires dépendent historiquement de rotations coûteuses de navires-citernes militaires, soumis aux aléas de la météo. Si l’île de Vulcano a trouvé son autonomie grâce à une usine de dessalement par osmose inverse performante, les projets d’extension de cette technologie à d’autres îles de l’archipel se heurtent à une vive opposition locale.
L’équation économique : le dessalement sept fois moins cher
L’enjeu financier de la gestion de l’eau est colossal pour l’État italien. Produire un mètre cube d’eau potable via l’usine de dessalement de Vulcano revient à environ 2 euros, tandis que le transport par navire-citerne s’élève à près de 14 euros le mètre cube, un surcoût intégralement pris en charge par le ministère de la Défense. L’Italie dispose déjà de 341 installations de ce type, représentant 7,6 % de la capacité globale de l’Union européenne. Pourtant, l’extension programmée de quatre nouvelles usines à Stromboli, Alicudi, Filicudi et Panarea cristallise les tensions.
La crainte d’un désastre écologique et touristique
Plusieurs associations environnementales, menées par l’ONG Legambiente et la fondation Marevivo, réclament la suspension des nouvelles autorisations. Elles pointent du doigt le manque d’études d’impact sur ces écosystèmes marins très fragiles, notamment le rejet de saumure hyper-saline en mer et ses conséquences destructrices sur les herbiers de posidonie. Les écologistes interrogent également le surdimensionnement de ces usines, calées sur les pics de fréquentation touristique estivale plutôt que sur les besoins réels des résidents à l’année. En guise d’alternatives, ils préconisent la rénovation des réseaux de distribution pour stopper les fuites, la collecte généralisée des eaux de pluie et une régulation plus stricte des flux de visiteurs.







