Une Coupe du monde à la démesure de l’hôte américain. Du 11 juin au 19 juillet 2026, les États-Unis accueilleront la majorité des 104 matchs de la 23e édition du Mondial de football, coorganisée avec le Mexique et le Canada. Mais au-delà de l’enjeu sportif à 48 équipes, cet événement global s’impose déjà comme une immense scène politique pour le président Donald Trump. Selon l’expert en géopolitique du sport Kévin Veyssière, le milliardaire américain entend utiliser cette compétition pour asseoir sa puissance à l’échelle internationale et en tirer un profit électoral direct sur le plan intérieur.
Instrumentalisation politique interne et démonstration de force
À quelques mois des élections américaines de mi-mandat (midterms), Donald Trump voit dans le Mondial un atout politique majeur. Sur le plan national, il n’hésite pas à se servir de l’organisation pour contester l’accueil de rencontres dans certaines métropoles démocrates opposées à sa politique. Sur la scène internationale, la stratégie tranche radicalement avec l’ouverture affichée par la Russie en 2018 ou le Qatar en 2022. « Donald Trump veut que ce soit le monde qui s’adapte aux États-Unis et pas l’inverse », décrypte Kévin Veyssière. Cette posture inflexible se traduit par une mise en scène de sa toute-puissance, qu’il s’agisse des restrictions de visas imposées aux supporters ou des pressions exercées sur la sélection d’Iran, pourtant qualifiée.
La complicité de la FIFA et le contraste attendu avec les JO de 2028
Face à cette omniprésence politique, la FIFA se montre particulièrement passive, fidèle à sa tradition historique de partenariat avec les régimes hôtes. Cette proximité a culminé en décembre 2025 avec la remise controversée d’un « prix de la Paix » à Donald Trump par Gianni Infantino, malgré un contexte diplomatique lourd marqué par des frappes contre l’Iran. Cette « bromance » assumée découle d’un rapport de force où le patron de la FIFA, conforté par des revenus en hausse, partage une vision similaire du pouvoir sans contre-pouvoir. Le politologue souligne que cette déférence étatique devrait s’estomper lors des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Le CIO maintenant une distance plus neutre, ces JO en terre démocrate et en fin de mandat trumpiste devraient plutôt refléter l’identité de la Californie.







