À la veille du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne opposant notamment le sortant Lula à Flavio Bolsonaro, les électeurs de Rio de Janeiro font face à une ingérence redoutable. Dans les favelas, le scrutin se déroule sous la coupe de groupes criminels et de milices mafieuses.
Entre fichages d’électeurs, achats de votes à coups de colis alimentaires ou d’argent, et pressions exercées par des candidats aux liens avérés avec la pègre, la liberté de vote est lourdement compromise dans ces territoires marginalisés.
Une emprise criminelle documentée au cœur des favelas
- Des listes de contrôle et du fichage : De nombreux habitants se voient imposer des consignes de vote précises, accompagnées de formulaires exigeant des données personnelles pour s’assurer de leur obéissance.
- L’achat de consciences : Une fois le vote accompli, les électeurs reçoivent divers avantages matériels ou financiers, allant de la bombonne de gaz à des sommes d’argent négociées.
- L’infiltration politique par les milices : Les organisations mafieuses, souvent composées d’ex-membres des forces de l’ordre, profitent des scrutins pour placer leurs pions et nouer des alliances directes avec certains candidats.
Les mesures de protection face aux intimidations
Pour tenter de contrer ces pressions de terrain, les autorités ont procédé au déplacement de nombreux bureaux de vote dans des zones comme la Cité de Dieu. Malgré ces dispositifs, la complexité de prouver ces collusions entre politique et grand banditisme laisse une grande partie des habitants livrée à elle-même face à la violence de ces réseaux.







