Donné pour affaibli après treize mois de guerre contre Israël, le Hezbollah a pourtant réussi à reconstituer son appareil militaire et politique au Liban. Malgré l’élimination de plusieurs de ses principaux dirigeants, les opérations de désarmement menées par l’armée libanaise et un isolement politique croissant, le mouvement chiite soutenu par l’Iran démontre une capacité de résilience qui surprend ses adversaires régionaux.
Le cessez-le-feu signé le 27 novembre 2024 avait pourtant marqué un tournant majeur dans le conflit. Durant les dernières semaines des combats, Israël avait porté des coups sévères au Hezbollah. Le 17 septembre 2024, près de 4 000 membres du mouvement sont mis hors combat lors de l’explosion simultanée de pagers utilisés comme moyens de communication. Deux jours plus tard, des talkies-walkies explosent également, provoquant de nouvelles pertes.
Le 27 septembre 2024, le chef historique du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est tué dans un bombardement israélien à Beyrouth avec plusieurs hauts commandants, dont Ali Karaki. Quelques jours plus tard, son successeur désigné, Hachem Safieddine, meurt à son tour. Israël parvient alors à éliminer une grande partie de la chaîne de commandement militaire du mouvement, notamment l’unité d’élite Al-Radwan.
Cette offensive plonge le Hezbollah dans une crise profonde. Des dizaines de milliers de déplacés chiites au Liban-Sud et dans la banlieue sud de Beyrouth dépendent désormais de l’aide financière et sociale du parti pour survivre après les destructions causées par les bombardements.
Sur le plan politique, le Hezbollah subit également plusieurs revers. En janvier 2025, Joseph Aoun est élu président libanais avec le soutien des adversaires du mouvement chiite. Quelques semaines plus tard, Nawaf Salam devient Premier ministre malgré l’opposition du Hezbollah.
Le gouvernement libanais engage ensuite un processus inédit de désarmement. Entre septembre et décembre 2025, près de 600 infrastructures militaires appartenant au Hezbollah sont démantelées par l’armée libanaise.
Malgré ces pertes, le Hezbollah se réorganise progressivement. Le mouvement recrute de nouveaux cadres, restructure son commandement et modernise son arsenal militaire grâce aux drones FPV capables de mener des frappes de précision. Soutenu logistiquement et financièrement par l’Iran, le Hezbollah reprend progressivement l’initiative militaire lors de la reprise des affrontements en mars 2026.







