En séjour hors du Cameroun depuis le 7 juin 2026, le président Paul Biya fait l’objet de spéculations récurrentes quant à sa capacité à diriger le pays. Face à ces inquiétudes, Yaoundé a fait évoluer son logiciel de communication.
A la place des apparitions physiques ou des audiences médiatisées, le régime privilégie la publication de décrets et d’actes administratifs majeurs pour prouver que le chef de l’État reste aux commandes.
La signature d’actes sensibles comme preuve de contrôle
Pour attester de l’exercice effectif du pouvoir, le pouvoir multiplie la diffusion de décisions officielles signées par le chef de l’État :
Secteur de la défense
Le 3 août, des décrets ont promu cinq colonels au grade de général de division et opéré des mouvements au sein du ministère délégué à la présidence chargé de la défense, après avoir mis un général à la retraite le 28 juillet.
Secteur économique
Un décret du 30 juillet a habilité la signature d’accords de financement de près de 28 milliards de FCFA avec la Banque islamique de développement.
Les ressorts et limites d’un nouveau paradigme de communication
Ce passage d’une communication centrée sur l’image du président à une communication axée sur l’activité des institutions s’explique par plusieurs facteurs :
Âge et santé
À 93 ans, miser sur une vêture physique ou des apparitions en public s’avère délicat, incitant le régime à utiliser les possibilités de gouvernance à distance.
Continuité de l’État
Selon les politologues, le régime cherche à braquer les projecteurs sur la stabilité administrative pour détourner l’attention du débat médical.
Perplexité de l’opinion
Des universitaires comme Thomas Atenga et Joseph Keutcheu soulignent qu’empiler des actes administratifs ne suffit pas entièrement à rassurer les citoyens et à dissiper le manque de transparence perçu sur ce long séjour en Suisse.







