Un face-à-face historique et hautement stratégique se prépare à Dakar. Pour la toute première fois depuis son départ du pouvoir il y a deux ans, l’ex-président sénégalais Macky Sall effectuera un retour éclair au Sénégal le 17 juillet 2026. Cette visite de trois heures à peine a un but unique : rencontrer son successeur, le président Bassirou Diomaye Faye, afin d’obtenir le soutien officiel du Sénégal à sa candidature pour le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Un forcing diplomatique après plusieurs revers
Pour l’ancien chef de l’État (2012-2024), ce déplacement s’apparente à l’opération de la dernière chance. Fin mars 2026, Macky Sall avait essuyé un sérieux revers en échouant à obtenir l’appui de l’Union africaine (UA), suite au veto de vingt pays, dont le Sénégal lui-même. Dakar avait alors officiellement précisé n’avoir jamais été associé à cette démarche. En s’invitant directement au palais présidentiel après être resté sans réponse à un premier courrier officiel envoyé en février, Macky Sall espère forcer un revirement diplomatique indispensable à ses ambitions internationales, alors que le mandat d’António Guterres s’achèvera le 31 décembre 2026.
Le spectre du passé et la colère des victimes
Au-delà des enjeux feutrés des couloirs de l’ONU, cette rencontre revêt une charge symbolique et politique explosive. Les relations entre Macky Sall et le nouveau pouvoir (le tandem Faye-Sonko) sont notoirement glaciales, parasitées par les audits sur la « dette cachée » et le passif des vagues de répression sous l’ancien régime.
L’annonce de cette visite a immédiatement fait réagir le Collectif des victimes du régime de Macky Sall. Dans un communiqué officiel, l’association a exigé que les ambitions multilatérales de l’ex-président n’occultent pas le « devoir de vérité et de justice » concernant les violences politiques qui ont causé la mort d’au moins 65 personnes entre 2021 et 2023.







