Ce jeudi 2 juillet 2026, les Algériens sont appelés aux urnes pour renouveler les 407 membres de l’Assemblée populaire nationale (APN) pour un mandat de cinq ans. Ce scrutin, le premier organisé depuis les grandes réformes électorales post-Hirak, se déroule dans une ambiance particulièrement lourde. Entré en période de silence électoral depuis lundi, le pays semble se diriger vers une apathie démocratique, l’enjeu majeur ne résidant pas dans le nom des vainqueurs, mais bien dans le taux de participation.
L’opposition dénonce une « purge » administrative
Le climat politique s’est considérablement détérioré au cours des dernières semaines en raison des choix de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie). Les partis d’opposition accusent le pouvoir d’avoir vidé le scrutin de sa substance en invalidant, sans motifs juridiques transparents, près d’un tiers de l’ensemble des candidatures.
Ces exclusions ont massivement ciblé les figures de proue de la contestation, les universitaires et les leaders de la société civile. Privés d’accès aux médias publics dès lors qu’ils émettent des critiques contre le régime, les candidats indépendants n’ont pas pu mener campagne équitablement, laissant le champ libre aux trois partis de la coalition gouvernementale qui dominent historiquement l’hémicycle.
Le spectre de l’abstention et le statu quo de l’État profond
Pour les observateurs, cette absence de renouvellement de l’offre politique et le retour des mêmes visages sur les listes électorales accentuent la rupture entre la population et ses dirigeants. Selon Kader Abderrahim, chercheur spécialiste du Maghreb et maître de conférences à Sciences Po, ces élections ne visent qu’à « envoyer un signal de stabilité aux partenaires étrangers », alors même que la pression sécuritaire reste constante sur le terrain.
Dans un contexte où la bureaucratie et l’État profond neutralisent les prérogatives du Parlement, la future Assemblée nationale risque de sortir profondément affaiblie et délégitimée par ce que beaucoup prédisent déjà comme une abstention record.







