Un basculement historique est en train de s’opérer au sein de l’Union monétaire. Pour la première fois en vingt ans, la Grèce devrait céder sa place de pays le plus endetté d’Europe à l’Italie. Selon les projections budgétaires pour 2026, la dette italienne atteindra 138,6 % du PIB, dépassant une trajectoire grecque en net reflux.
Le chassé-croisé des trajectoires budgétaires
Le contraste entre Athènes et Rome est frappant. Alors que la Grèce, après des années de sacrifices draconiens, voit sa dette refluer vers 137 % du PIB grâce à une croissance solide (supérieure à 2 %), l’Italie s’enfonce dans une dynamique inverse. Le Trésor italien anticipe une hausse constante de son ratio d’endettement jusqu’en 2026, freiné par une croissance atone (inférieure à 1 %) et le poids des mesures passées.
Le « Superbonus » : Le boulet budgétaire de Meloni
Giorgia Meloni pointe du doigt l’héritage de ses prédécesseurs, notamment le « Superbonus ». Ce dispositif d’incitation à la rénovation énergétique, bien qu’ambitieux sur le plan écologique, a creusé un trou béant dans les finances publiques. Ces crédits d’impôt massifs continuent de peser sur le budget national, limitant la marge de manœuvre du gouvernement actuel pour réduire la dette.
Un risque systémique pour l’Europe
Si la crise grecque a ébranlé l’Europe, une crise de la dette italienne serait d’une tout autre ampleur. Troisième économie de la zone euro (15 % du PIB de l’union), l’Italie est jugée « too big to fail » (trop grande pour faire faillite) mais aussi « too big to bail » (trop grande pour être sauvée). Les marchés surveillent avec nervosité le « spread » (l’écart de taux avec l’Allemagne), car une perte de confiance des investisseurs pourrait déclencher un séisme financier sans précédent.
| Pays | Dette publique (% du PIB) en 2026 |
| Italie | 138,6 % |
| Grèce | 137,0 % |
| France | 118,0 % |
| Espagne | 108,0 % |
| Allemagne | 65,0 % |







