Pétrole, otages, menaces de mort : le bras de fer entre Viktor Orban et Volodymyr Zelensky atteint un niveau sans précédent cette semaine. L’Europe surveille, inquiète.
Le pétrole comme arme diplomatique
Le 27 janvier 2026, une frappe russe endommage l’oléoduc Droujba sur le territoire ukrainien. Ce pipeline achemine le pétrole russe vers la Hongrie et la Slovaquie. Kiev refuse de le réparer. Zelensky est direct : « Je ne le rétablirai pas. C’est ma position. » Il lie ce refus au blocage hongrois de 90 milliards d’euros d’aide européenne à l’Ukraine.
Orban riposte immédiatement. Budapest suspend les livraisons de diesel vers l’Ukraine. Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, l’annonce publiquement. La Hongrie bloque aussi un nouveau paquet de sanctions contre la Russie au niveau européen. Le bras de fer énergétique dure depuis janvier. Il s’intensifie chaque semaine.
Sept Ukrainiens arrêtés : la crise bascule
Jeudi 5 mars, la Hongrie arrête sept employés d’une banque ukrainienne à Budapest. Les autorités fiscales hongroises les accusent de blanchiment d’argent. Orban précise les montants : 900 millions de dollars et 420 millions d’euros transportés en liquide, plus 146 kilos de lingots d’or. Kiev dénonce une prise d’otages. Orban assume le terme sans ambiguïté.
Vendredi 6 mars, l’Ukraine déconseille officiellement à ses citoyens tout voyage en Hongrie. Kiev convoque le chargé d’affaires hongrois. Les sept Ukrainiens sont finalement libérés et expulsés vers l’Ukraine le soir même. Mais la tension ne retombe pas.
Zelensky menace, Bruxelles condamne
Avant les arrestations, Zelensky avait déjà franchi une ligne rouge. Lors d’une réunion gouvernementale, il lance une menace voilée contre Orban : « Nous donnerons l’adresse de cette personne à nos forces armées. Qu’ils lui parlent dans leur propre langage. » Bruxelles qualifie ces propos d’inacceptables. Le Premier ministre slovaque Fico parle de lignes rouges franchies.
Orban, en campagne pour sa réélection le 12 avril, ne plie pas. « Je ne céderai pas, même si on me fait chanter », dit-il. Il obtient par ailleurs de Poutine la libération de soldats ukraino-hongrois. Kiev appelle ce geste une manipulation cynique des prisonniers de guerre. L’UE reste prisonnière de ce bras de fer qui paralyse son aide à l’Ukraine et ses sanctions contre Moscou.







