Trump traite l’Espagne de terrible allié. Sánchez refuse d’ouvrir ses bases militaires contre l’Iran. Washington brandit l’embargo commercial. Madrid tient bon.
Le refus de Sánchez met le feu aux poudres
Le week-end du 1er mars, les États-Unis et Israël lancent des frappes contre l’Iran. Washington demande à utiliser ses bases militaires en Andalousie : Rota et Morón de la Frontera. Ces deux installations stratégiques accueillent 6 000 soldats américains et des destroyers Aegis. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, dit non. Les bases relèvent de la souveraineté espagnole. Aucune action non prévue par le traité bilatéral ni contraire à la Charte de l’ONU ne passe par ces installations.
En réponse, le Pentagone retire 15 appareils, dont 9 ravitailleurs KC-135. Ces avions rejoignent la base de Ramstein, en Allemagne, et des installations en France. L’Espagne ne cède pas.
Trump s’emballe, l’Europe réagit
Le 3 mars, Trump explose lors d’une conférence de presse. À côté du chancelier allemand Friedrich Merz, silencieux, il lâche : « Nous allons cesser tout commerce avec l’Espagne. L’Espagne a été terrible. » Il accuse aussi Madrid d’être le seul pays de l’OTAN à refuser l’objectif de 5 % du PIB pour la défense. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, renchérit sur CNBC : l’Espagne met des vies américaines en danger.
L’Europe serre les rangs derrière Sánchez. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, lui exprime la pleine solidarité de l’Union européenne. Macron lui apporte son soutien. Bruxelles rappelle que les accords commerciaux avec les États-Unis se négocient au niveau des 27. La menace de Trump se heurte à un mur institutionnel.
Sánchez assume et surfe sur la vague
Le 4 mars, Sánchez prend la parole dans un discours télévisé de 10 minutes. Il résume la position de l’Espagne en quatre mots : « Non à la guerre. » Il refuse d’être complice d’une action contraire au droit international par peur des représailles. Il compare la situation à l’invasion de l’Irak en 2003.
Les analystes voient une stratégie intérieure assumée. Sánchez construit son image de leader européen qui tient tête à Trump. Son électorat de gauche approuve. Son gouvernement de coalition reste uni. Pendant ce temps, les Espagnols suivent : l’indice boursier Ibex 35 remonte de 1,6 % le jour même, signe que les marchés ne croient pas à une rupture réelle.







