Disparu le 24 août 2026 à l’âge de 89 ans, Klaus-Michael Kühne était l’homme le plus riche d’Allemagne. Sans enfants ni héritier direct, le magnat de la logistique artisan du succès mondial de Kühne+Nagel et actionnaire majeur de géants comme Hapag-Lloyd ou Lufthansa a orchestré sa succession de manière millimétrée. Sa fortune colossale, estimée à plus de 42 milliards d’euros, a été intégralement transférée à la Fondation Kühne, qu’il avait cofondée avec ses parents il y a cinquante ans.
Grâce à cet apport massif comprenant des participations dans le transport, la chimie et l’immobilier (à l’instar de l’hôtel Fontenay à Hambourg), cette structure caritative se hisse immédiatement parmi les dix fondations les plus riches au monde, rivalisant avec le Wellcome Trust britannique.
L’avantage fiscal décisif du canton de Schwyz
Si la plus grande partie de cette immense richesse échappe à l’impôt, c’est en raison du choix de vie de l’entrepreneur. Résidant à Schindellegi, dans le canton suisse de Schwyz l’un des rares au monde à ne prélever aucun droit de succession, Kühne a su s’affranchir des règles fiscales allemandes qu’il critiquait ouvertement.
La législation suisse et l’absence de taxes sur les fondations d’utilité publique ont ainsi permis de sanctuariser un empire qui générera, en année normale, près d’un milliard de francs suisses de dividendes. Ces fonds serviront à alimenter le budget de l’organisation, déjà très actif dans la formation en logistique, la recherche médicale, les projets climatiques et l’aide humanitaire.
Quel avenir pour les participations géantes de la holding ?
Reste désormais une interrogation de taille pour les marchés et le secteur du transport : que va faire une structure à but non lucratif d’un tel contrôle sur des mastodontes du fret et de l’aérien, au moment où la consolidation mondiale du secteur s’accélère ?
Gérée par un conseil de fidèles et son épouse, la Fondation Kühne hérite d’un poids économique considérable, confirmant l’efficacité redoutable des structures philanthropiques suisses pour sanctuariser les plus grandes fortunes d’Europe.







