Les États-Unis ont officiellement annoncé le non-renouvellement des sanctions adoptées en 2021 à l’encontre du parti au pouvoir à Asmara et de l’armée érythréenne. Prises à l’origine en raison d’exactions présumées dans le conflit du Tigré en Éthiopie, ces mesures ont été levées afin de « promouvoir les intérêts régionaux des États-Unis », selon le département d’État.
Ce rapprochement, amorcé il y a un an avec l’appui de l’Égypte, marque un tournant pragmatique dans la politique étrangère américaine. Face aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale et aux attaques des rebelles Houthis du Yémen menaçant le détroit de Bab el-Mandeb, l’Érythrée et ses 1 000 kilomètres de côtes sur la mer Rouge redeviennent un partenaire géostratégique incontournable.
L’enjeu crucial de la mer Rouge et du commerce mondial
La mer Rouge constitue une artère vitale par laquelle transite entre 10 % et 12 % du commerce international. En renforçant ses liens avec les États riverains, Washington cherche à sécuriser cette route maritime cruciale et à contrer l’influence croissante des grandes puissances rivales dans la zone.
Alors que la Chine a massivement investi dans les infrastructures de transport à Djibouti et que la Russie lorgne sur un accès portuaire au Soudan, les experts estiment que la réouverture du dialogue avec Asmara s’inscrit dans une volonté de consolider la présence occidentale face à la compétition acharnée qui secoue la Corne de l’Afrique.
Vers une redéfinition des alliances régionales
Cette décision illustre la volonté de l’administration américaine d’adapter sa diplomatie aux réalités sécuritaires actuelles, quitte à tourner la page de contentieux récents. Pour les observateurs, ce dégel diplomatique redessine les équilibres géopolitiques d’une région particulièrement instable.
En renouant avec l’Érythrée, les États-Unis espèrent stabiliser leurs relations bilatérales tout en stabilisant un corridor maritime stratégique essentiel pour l’économie mondiale et la sécurité militaire au Proche-Orient et en Afrique de l’Est.







