La Biennale de Venise 2026 ouvre ses portes en mai. La Russie y participe pour la première fois depuis 2022. Le pavillon russe rouvre dans les Giardini. L’Europe entre en colère.
Quatre ans d’absence, un retour fracassant
En 2022, la Biennale interdit toute personnalité liée au gouvernement russe après l’invasion de l’Ukraine. En 2024, la Russie prête son pavillon à la Bolivie. En 2026, tout change. La Fondation de la Biennale publie la liste des 99 pays participants. La Russie figure sur cette liste. Le pavillon russe dans les Giardini rouvre ses portes du 9 mai au 22 novembre.
Le projet s’intitule The Tree is Rooted in the Sky. Plus de 50 artistes russes et internationaux participent. De jeunes musiciens, poètes et philosophes composent le programme. Le délégué russe Mikhail Shvydkoy, ancien ministre de la Culture et représentant du Kremlin pour les échanges culturels, affirme que la Russie n’a jamais vraiment quitté Venise.
« Sa présence dans les Giardini en est la preuve permanente », dit-il.
Le gouvernement italien désavoue la Biennale
La décision choque Rome. Le ministère italien de la Culture publie un communiqué : la participation de la Fédération de Russie a été décidée en toute indépendance par la Fondation de la Biennale, malgré l’opposition du gouvernement italien. Giorgia Meloni, pourtant considérée comme proche du président de la Biennale Pietrangelo Buttafuoco, prend ses distances.
Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Kestutis Budrys, qualifie la décision d’abjecte. Il dénonce la sombre diplomatie culturelle russe accueillie en grande pompe. Vendredi 6 mars, un groupe multipartite de députés européens signe une lettre ouverte. Ils condamnent avec la plus grande fermeté une décision qui risque de légitimer un régime responsable de violences persistantes.
Kiev appelle au boycott, Moscou pavoise
Kiev réagit le 8 mars. Le ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga et la ministre de la Culture Tetiana Berejna signent un communiqué commun. Ils appellent les organisateurs à revoir leur décision et à maintenir la position de principe adoptée en 2022 et 2024.
Du côté de Moscou, le retour à Venise représente une victoire symbolique majeure. Shvydkoy le dit sans détour : les tentatives d’effacer la culture russe menées par les élites politiques occidentales ont échoué.
La Biennale accueille aussi en 2026 des artistes ukrainiens, biélorusses, iraniens et israéliens. Son président, Buttafuoco, assume : il a invité des personnalités issues de toutes les zones de guerre. Une posture d’ouverture que ses détracteurs lisent comme une complaisance envers l’agresseur.







