La stratégie européenne en matière d’asile franchit un nouveau cap. Réunis à Copenhague ce vendredi 5 septembre 2026, les ministres des Migrations du Danemark, de l’Autriche, de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la Grèce ont officialisé une première étape concrète pour concrétiser le projet de centres de rétention extraterritoriaux destinés aux migrants déboutés.
Ce regroupement inédit vise à conclure un accord formel avec un pays tiers d’ici le début de l’année 2027. Cette initiative s’inscrit dans le droit fil du règlement approuvé en juin dernier par le Parlement européen, ouvrant la voie à l’externalisation de la gestion des demandeurs d’asile ne pouvant être renvoyés dans leur nation d’origine.
Entre arguments humanitaires et modèle économique des passeurs
Face aux critiques, les promoteurs de ce modèle de « hubs de retour » défendent une démarche pragmatique et humanitaire. Le ministre danois des Migrations, Morten Bødskov, hôte de la réunion, s’est défendu de vouloir créer de simple camps, insistant sur la volonté d’offrir une alternative encadrée tout en brisant le modèle lucratif des réseaux de passeurs clandestins qui exploitent la vulnérabilité des exilés.
Si aucun pays tiers n’a été officiellement désigné lors de la conférence de presse, les discussions s’orientent principalement vers des nations africaines. Le Rwanda, qui a confirmé en août mener des pourparlers préliminaires avec plusieurs capitales européennes, ainsi que l’Ouganda figurent parmi les destinations privilégiées pour abriter ces structures d’accueil sous conditions.
Un projet controversé qui ravive les fractures au sein de l’Union
Malgré l’optimisme affiché par les cinq pays signataires, ce dispositif suscite de vives résistances politiques et associatives. En France, l’exécutif a qualifié cette approche d’inefficace et en décalage avec les valeurs cardinales de l’Union européenne. Les ONG de défense des droits humains, à l’instar d’EuroMed Rights ou du Conseil de l’Europe, alertent quant à elles sur l’opacité juridique entourant ces transferts et sur le risque de violations des garanties fondamentales.
Les précédents s’avérant délicats à l’image de l’échec du modèle britannique avec le Rwanda ou des difficultés judiciaires rencontrées par l’Italie avec ses centres en Albanie, l’efficacité réelle de ces structures extraterritoriales reste à prouver. Les gouvernements concernés disposent désormais de quelques mois pour finaliser leurs tractations diplomatiques avant l’échéance fixée à 2027.







