Le second tour de l’élection présidentielle au Pérou plonge le pays dans un suspense total. Selon les premiers résultats officiels du scrutin du 7 juin 2026, le candidat de gauche Roberto Sánchez devance d’une infime longueur sa rivale de la droite autoritaire, Keiko Fujimori. Alors que le décompte final pourrait s’étirer sur plusieurs jours, le leader de gauche touche du doigt une victoire historique.
Le barrage anti-fujimoriste
Inconnu du grand public il y a encore quelques mois et relégué au fond des sondages en mars, Roberto Sánchez a réussi un tour de force politique majeur. Sa percée repose sur une double dynamique : sa capacité à remobiliser l’électorat de gauche en se positionnant comme l’héritier de l’ancien président Pedro Castillo, couplée à un vote de rejet massif contre sa rivale. Pour de nombreux Péruviens, ce scrutin a d’abord servi de barrage pour bloquer le clan de Keiko Fujimori, dont le nom reste lourdement associé aux dérives autocratiques de son père, Alberto Fujimori, dans les années 1990.
Un pays ingouvernable
Si la défaite se confirme pour Keiko Fujimori, il s’agirait de son quatrième échec consécutif au second tour d’une présidentielle. La candidate de droite a choisi de temporiser en attendant les chiffres définitifs des autorités électorales. Quel que soit le vainqueur, le prochain chef de l’État héritera d’une nation profondément fracturée. Roberto Sánchez devra notamment composer avec un Parlement dominé par Force Populaire (le parti de Fujimori) et ses alliés conservateurs, qui s’annoncent déjà comme un obstacle majeur pour toutes ses réformes à venir.







