Le 28 février 2026, des frappes américano-israéliennes tuent l’ayatollah Ali Khamenei dans sa résidence officielle de Téhéran. Mojtaba Khamenei, son fils de 56 ans, se trouve sur les lieux au moment de la frappe. Son épouse Zahra Haddad-Adel périt dans l’attaque. En quelques heures, le nom de Mojtaba circule comme successeur naturel du défunt guide suprême. L’Assemblée des experts, l’organe clérical chargé de désigner le prochain dirigeant, accélère ses travaux sous pression des Gardiens de la Révolution.

Né dans l’ombre, propulsé sous les projecteurs de l’histoire
Né le 8 septembre 1969 à Machhad, Mojtaba Khamenei grandit alors que son père milite contre le chah. Il combat durant la guerre Iran-Irak dans le bataillon Habib ibn Mazahir, une division des Gardiens de la Révolution. Après l’accession de son père au poste de guide en 1989, il intègre le Bureau du Guide suprême, le cœur névralgique de la République islamique. Il y joue un rôle que United Against Nuclear Iran décrit comme une combinaison d’aide de camp, de confident, de gardien du temple et de faiseur de rois.
Puissant, discret et redouté
Mojtaba Khamenei n’occupe aucune fonction officielle. Le Trésor américain lui impose pourtant des sanctions dès 2019, l’accusant de représenter son père à titre officiel et de faire avancer ses ambitions régionales déstabilisatrices. Des câbles diplomatiques publiés par WikiLeaks le décrivent dès 2008 comme un candidat plausible à la succession. En 2016, le renseignement canadien note sa proximité avec les Gardiens de la Révolution et son accès privilégié au bureau de son père.
Sa réputation intérieure reste controversée. Des opposants l’accusent d’avoir coordonné la répression des manifestations de 2009 après la réélection contestée d’Ahmadinejad, scrutin qu’il aurait soutenu en coulisses. Il encaisse aussi les critiques liées à son manque de rang théologique — l’hodjatoleslam qu’il porte reste inférieur à l’ayatollah requis par la Constitution. Selon Bloomberg, il se serait largement enrichi via un réseau de sociétés-écrans à Londres, Francfort et Dubaï.
Un guide de guerre pour une théocratie dynastique
Selon trois responsables iraniens cités par le New York Times, les Gardiens de la Révolution poussent activement sa nomination, arguant qu’il maîtrise la coordination des appareils sécuritaires et militaires en temps de crise. Israël répond en menaçant d’éliminer tout successeur désigné. Mojtaba Khamenei incarne la ligne la plus dure du régime — une continuité directe avec son père, dans un pays en guerre. Si sa désignation se confirme, la République islamique fondée contre la monarchie héréditaire des Pahlavi consacre paradoxalement sa propre dynastie théocratique.







