La transition politique malgache traverse une zone de fortes turbulences. Ce mercredi 17 juin 2026, Merlin Rasolonandrasana et William Nelson, deux hauts conseillers à la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) de Madagascar, ont officiellement annoncé leur démission. Cette décision majeure intervient alors que les deux magistrats faisaient l’objet, avec deux de leurs collègues, de lourdes poursuites judiciaires initiées par le parquet. Cette double démission au sommet de l’appareil judiciaire suscite déjà une vive inquiétude au sein de la société civile locale.
Les juges cèdent à la pression
Les deux hauts magistrats se trouvaient dans le collimateur du pouvoir depuis la fin du mois de mai. Le parquet général avait lancé une demande de poursuites à leur encontre pour « complot et atteinte à la sûreté de l’État ». Les autorités de transition leur reprochent d’avoir voté en faveur de la recevabilité d’une requête visant à destituer l’actuel président de la transition, le colonel Michael Randrianirina. Interrogé par RFI, le juge Rasolonandrasana a justifié ce retrait soudain par la volonté de préserver « l’intérêt supérieur de la nation » et de favoriser un climat d’apaisement politique.
Le pouvoir exécutif dicte sa loi
Ce départ forcé met en lumière les fragilités démocratiques de la Grande Île. Avant de quitter ses fonctions, le juge Rasolonandrasana a publiquement dénoncé les ingérences constantes et persistantes du pouvoir exécutif dans les affaires de la HCC, affirmant que la séparation des pouvoirs n’a jamais été respectée à Madagascar. Cette situation a immédiatement fait réagir le mouvement citoyen « Gen Z », fer de lance de la transition d’octobre 2025, qui condamne fermement cette mise au pas de la justice. La procédure de nomination de leurs successeurs devrait être enclenchée dans les prochains jours.







