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16/10/2026
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24h dans le MondeActualitésAfriqueLe Mozambique : Plaque tournante à pays consommateur de la drogue

Le Mozambique : Plaque tournante à pays consommateur de la drogue

Longtemps considéré comme un simple point de passage dans le commerce intercontinental des stupéfiants, le Mozambique fait face à une crise sanitaire et sociale majeure. Avec ses 2 500 kilomètres de côtes sur l’océan Indien et ses frontières poreuses, le pays voit désormais sa propre population sombrer massivement dans la toxicomanie, alarment les autorités et les experts.

Une addiction qui gagne tous les pans de la société

La situation sur le terrain témoigne d’une banalisation alarmante des stupéfiants. À Maputo, la capitale, des jeunes comme Elton Raimundo Joaquim, 27 ans, racontent leur descente aux enfers piégés par la consommation de cannabis, de crack et d’héroïne. Selon les données gouvernementales, les hospitalisations liées à la drogue ont bondi de 38 % en un an, franchissant la barre des 32 280 cas, un chiffre qui ne reflète qu’une infime partie de la réalité.

Face à cette urgence, des structures comme le centre de réhabilitation REMAR, en périphérie de Maputo, voient affluer de plus en plus de patients jeunes. Les responsables y constatent l’émergence de nouveaux fléaux, notamment la méthamphétamine, signe que les drogues traditionnelles ne suffisent plus à alimenter les réseaux locaux.

Un carrefour du crime organisé et des saisies records

D’après le Bureau national de prévention de la drogue (GCPCD), la mutation du pays s’accélère. Alors qu’il n’était qu’une route d’acheminement vers l’Europe ou l’Afrique australe, le Mozambique est devenu un marché de consommation à part entière.

Les réseaux criminels diversifient leurs méthodes d’importation en dissimulant les produits dans des cosmétiques ou des snacks et implantent même des laboratoires clandestins. Récemment, la coopération internationale a permis l’extradition de ressortissants mexicains soupçonnés de fabriquer de la méthamphétamine pour le compte de cartels internationaux, tandis que plus de cinq tonnes de fentanyl ont été saisies cette année.

L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) rappelle une règle implacable : « Quand on est un pays de transit, une petite partie de ce qui transite finit toujours par rester ». La production locale de substances de synthèse, moins chères et plus accessibles, menace particulièrement une population jeune et à faible revenu, faisant craindre aux autorités une aggravation continue du problème dans les années à venir.

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