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13/06/2026
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24h dans le MondeActualitésClimat‎La Turquie plaide pour une COP31 centrée sur la sécurité de l’eau

‎La Turquie plaide pour une COP31 centrée sur la sécurité de l’eau

‎Face à l’aggravation des effets du changement climatique, des experts réunis à Istanbul ont alerté sur le fait que les risques liés à l’eau représentent environ 80 % des dommages climatiques. Ils ont souligné la nécessité d’investissements urgents, notamment du secteur privé, pour y faire face.

‎La question de la sécurité de l’eau en Turquie a été au cœur des discussions du 5e Forum international de l’eau d’Istanbul, organisé sur trois jours au Palais des congrès et des expositions Lütfi Kırdar. Cet événement a réuni responsables politiques et experts internationaux afin de préparer la COP31, le prochain sommet climat de l’ONU que la Turquie accueillera plus tard dans l’année.

‎Un panel de haut niveau, consacré à la résilience de l’eau face au changement climatique et à la feuille de route de la COP31, a réuni ministres, représentants de l’ONU et spécialistes. Tous ont insisté sur la nécessité de faire de l’eau un pilier central des politiques climatiques mondiales.

‎Les intervenants ont rappelé que la crise de l’eau est étroitement liée aux enjeux climatiques et au développement économique, alors que la Turquie entend jouer un rôle important dans l’orientation des politiques climatiques internationales lors de la COP31.

‎La vision turque pour la COP31

‎Le vice-ministre de l’Agriculture et des Forêts, Ahmet Bağcı, a indiqué que la Turquie arrive à la COP31 avec une approche dépassant le cadre diplomatique classique. Selon lui, le pays souhaite mettre son expérience au service de la communauté internationale et placer la transformation des systèmes liés à l’eau, à l’agriculture et à l’alimentation au centre des discussions.

‎De son côté, Halil Hasar, responsable de la commission sur le changement climatique, estime que la COP31 doit marquer un tournant en privilégiant l’action concrète plutôt que les seules négociations. Il a souligné la nécessité de transformer les engagements de l’Accord de Paris en résultats tangibles.

‎Une responsable du ministère de l’Agriculture et des Forêts, Afire Sever, a alerté sur l’augmentation des sécheresses et des inondations dans la région méditerranéenne, particulièrement vulnérable en Turquie. Elle a insisté sur l’importance d’une meilleure gestion et d’une utilisation plus efficace de l’eau.

‎Appel à une action internationale coordonnée

‎Les agences internationales présentes ont également insisté sur l’urgence d’une coopération renforcée. Pour Gwi-Yeop Son des Nations Unies, la COP31 pourrait renforcer la diplomatie autour de l’eau et du climat et encourager des solutions régionales.

‎La représentante de l’Organisation météorologique mondiale, Ko Barrett, a mis en garde contre la hausse des sécheresses liées au climat et leurs conséquences sur les écosystèmes et la santé. Elle a appelé à des solutions fondées sur des données fiables et scientifiquement robustes.

‎L’eau, un enjeu économique majeur

‎Selon Humberto Lopez, de la Banque mondiale, la gestion de l’eau doit prendre en compte simultanément la baisse des précipitations, la hausse des températures et l’augmentation de la demande. Celle-ci pourrait croître d’environ 40 %, tandis que les pays devront gérer à la fois sécheresses et inondations.

‎Il a également rappelé que le secteur mondial de l’eau nécessite environ 140 milliards de dollars d’investissements par an, un niveau encore insuffisant, soulignant le rôle clé que devra jouer le secteur privé.

‎Le rôle du secteur privé et les impacts climatiques

‎Pour Siir Kilkis, vice-présidente du GIEC, les effets du changement climatique sur le cycle de l’eau s’intensifient. Les inondations peuvent entraîner des pertes économiques importantes, allant jusqu’à 1,8 % du PIB dans certains pays. Une meilleure gestion des risques liés à l’eau pourrait améliorer les performances économiques de manière significative.

‎Nick Hartmann, du PNUD, a également rappelé que près de 80 % des impacts climatiques sont liés à l’eau et que le secteur privé pourrait contribuer fortement au développement des infrastructures hydrauliques.

‎Enfin, Ruth Davis, envoyée spéciale du Royaume-Uni pour la nature, a insisté sur le rôle central de l’eau dans les systèmes écologiques, économiques et sociaux, soulignant qu’une bonne gestion de cette ressource est essentielle à l’ensemble de la société rapporte TRT Africa.

Norbert MEGAN YAOVI 

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