Le Maroc accélère le développement de son parc hôtelier. Après avoir ajouté 45 000 lits en quatre ans, le Royaume prévoit 60 000 lits supplémentaires d’ici la Coupe du monde 2030, avec l’ambition d’accueillir 26 millions de touristes.
Cet effort attire les grands investisseurs. Dernier exemple en date : l’IFC, membre du Groupe de la Banque mondiale, et Attijariwafa bank mobilisent 250 millions de dollars pour l’hôtellerie marocaine, le plus important financement hôtelier jamais soutenu par l’IFC dans le pays.
Un effort national sans précédent
Avec un peu plus de 300 000 lits aujourd’hui, le Maroc vise plus de 360 000 lits à l’horizon 2030, soit une hausse de près d’un cinquième de sa capacité. Pour la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, la Coupe du monde doit être un accélérateur, pas une fin en soi, avec des investissements qui créent une valeur durable. Les chantiers se multiplient : 75 hôtels et plus de 10 600 chambres sont en développement, dont environ 70 % doivent ouvrir en 2026 ou 2027, ce qui place le Maroc au deuxième rang africain. Les grandes chaînes suivent le mouvement, à l’image de Radisson, qui prévoit de passer de 11 à 30 hôtels dans le Royaume d’ici 2030. Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement s’engage aussi à travers un fonds dédié au tourisme. Cet effort s’appuie sur une fréquentation record : près de 20 millions de visiteurs en 2025.
250 millions de dollars, un signal de confiance
Le financement annoncé le 15 octobre à Marrakech illustre la confiance des investisseurs dans cette stratégie. L’IFC accorde un prêt de 165 millions de dollars et Attijariwafa bank mobilise 85 millions de dollars pour accompagner le groupe Pickalbatros, présent au Maroc depuis 2015. Le projet prévoit l’acquisition de trois hôtels à Casablanca et la rénovation d’établissements, notamment à Marrakech et à Agadir. Selon les projections de l’IFC, il devrait soutenir plus de 7 500 emplois directs et indirects d’ici 2032 et générer 269 millions de dollars de contribution économique supplémentaire. Premier financement à la fois vert et partiellement bleu de l’IFC en Afrique, il vise aussi la certification EDGE pour plusieurs hôtels, avec au moins 20 % d’économies d’énergie et d’eau : la preuve qu’au Maroc, croissance touristique rime avec durabilité.







