La justice guinéenne a rendu son verdict dans le procès intenté contre l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura. La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) l’a condamné à une peine de sept ans de prison ferme pour corruption, détournement de fonds publics, enrichissement illicite et blanchiment d’argent.
Outre cette peine d’emprisonnement, la juridiction spéciale lui a infligé une amende de deux milliards de francs guinéens et a ordonné la confiscation de l’ensemble de ses biens situés en Guinée et au Sénégal. En détention préventive depuis décembre 2022, l’ancien haut magistrat continue de rejeter catégoriquement l’ensemble des accusations portées contre sa gestion des finances de l’institution.
Des peines lourdes et une solide réparation financière
La sentence prononcée par la CRIEF frappe également deux autres coaccusés actuellement en fuite, condamnés chacun par contumace à dix ans de prison ferme. Sur le plan des réparations civiles, le tribunal a condamné solidairement les trois prévenus à verser la somme de 41 milliards de francs guinéens à l’État guinéen au titre de dommages et intérêts.
Un procès sur fond de poursuites visant l’ère Alpha Condé
Mohamed Lamine Bangoura compte parmi les quelque 180 anciens dignitaires du régime du président déchu Alpha Condé poursuivis par la justice depuis la prise de pouvoir de la junte militaire dirigée par le colonel Mamady Doumbouya en septembre 2021. Si les autorités mettent en avant une campagne d’assainissement de la gestion publique, les acteurs de l’opposition dénoncent une instrumentalisation de l’appareil judiciaire à des fins politiques.







