Le Festival de Venise est le théâtre de vives discussions au-delà des écrans. Présente sur la lagune pour présenter son nouveau film The Echo Chamber, en lice pour le Lion d’or, l’actrice oscarisée Susan Sarandon a publiquement dénoncé les répercussions professionnelles de son engagement pro-palestinien, ravivant les craintes de voir ressurgir des listes noires au sein de l’industrie cinématographique américaine.
Interrogée lors d’une conférence de presse, la comédienne de 79 ans a affirmé que ses prises de position continuaient de lui porter préjudice : « On m’a encore retiré des films récemment, parce que certaines agences continuent de dire aux gens de ne pas m’engager. » L’actrice, qui avait déjà été lâchée par son agence UTA fin 2023 à la suite de manifestations, a salué le courage du réalisateur Andrea Pallaoro d’avoir bravé les avertissements pour l’intégrer dans la distribution de son long-métrage.
Un climat de tension et le front de soutiens autour de Mark Ruffalo
Les déclarations de Susan Sarandon s’inscrivent dans un contexte de crispation accrue à Hollywood, alimenté par d’autres polémiques récentes. Parmi elles, la campagne de diffamation ciblant Mark Ruffalo a provoqué une onde de choc. L’acteur a essuyé de lourdes accusations, notamment de la part de Paramount, après avoir critiqué les liens informatiques d’Oracle avec l’armée israélienne dans le cadre du projet de fusion des studios.
Face à la virulence des attaques qualifiant ses propos d’antisémites, de grandes figures du cinéma et de la culture sont montées au créneau. George Clooney a publiquement défendu la liberté d’expression de son collègue à Venise, tandis qu’une lettre ouverte intitulée « Enough! », signée par plus de 170 personnalités juives dont Joaquin Phoenix et Joel Coen, a vigoureusement dénoncé une utilisation jugée mensongère et dangereuse des accusations d’antisémitisme pour réduire au silence les voix critiques.
Une évolution du débat public aux États-Unis
Malgré le coût professionnel de son militantisme, Susan Sarandon estime que la perception du conflit a profondément évolué dans l’opinion publique américaine. S’appuyant sur de récentes données, comme l’enquête du Pew Research Center montrant un affaiblissement du soutien inconditionnel à Israël et une sensibilisation accrue aux flux financiers fédéraux, l’actrice veut voir dans ce changement de paradigme un signal d’espoir.
Alors que le festival s’achemine vers la remise de ses prix le 12 septembre prochain, la question de la liberté d’expression des artistes engagés reste plus que jamais au cœur des débats sur et en dehors des plateaux de tournage.







