La France a franchi un nouveau cap dans sa politique à l’égard du conflit israélo-palestinien. Mardi 9 juin, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé l’interdiction d’entrée sur le territoire français du ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich. Cette décision s’inscrit dans une série de sanctions visant des acteurs accusés de favoriser la colonisation israélienne et les violences en Cisjordanie occupée.
L’annonce a été faite sur le réseau social X, où le chef de la diplomatie française a également révélé que quatre responsables d’organisations de colons ainsi que vingt-et-un colons considérés comme violents faisaient l’objet de la même mesure restrictive. Pour Paris, ces sanctions traduisent la volonté de faire respecter le droit international et de défendre la perspective d’une solution à deux États, soutenue par une large partie de la communauté internationale.
Figure influente de l’extrême droite israélienne, Bezalel Smotrich est régulièrement critiqué pour ses prises de position en faveur de l’annexion de la Cisjordanie. Selon Jean-Noël Barrot, le ministre israélien promeut activement une politique qui compromet les efforts de paix dans la région. Les autorités françaises lui reprochent également ses déclarations favorables à une éventuelle recolonisation de la bande de Gaza, une perspective rejetée par la plupart des partenaires occidentaux.
Cette décision intervient dans un contexte de coordination diplomatique avec plusieurs pays alliés. Dans une déclaration commune avec l’Australie, le Canada, la Norvège et le Royaume-Uni, la France a réaffirmé sa détermination à sanctionner les auteurs de violences commises contre les civils palestiniens et à lutter contre l’expansion de la colonisation dans les territoires occupés.
Ce n’est pas la première fois que Paris cible des membres du gouvernement israélien. En mai dernier, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait déjà été frappé par une interdiction d’entrée sur le territoire français. Les deux responsables sont accusés par plusieurs pays occidentaux d’encourager les tensions et les violences en Cisjordanie occupée.
Cette nouvelle mesure risque d’accentuer les tensions diplomatiques entre la France et Israël. Le gouvernement israélien avait déjà qualifié de « scandaleuses » les précédentes sanctions visant certains de ses ministres. Malgré ces critiques, Paris semble déterminé à maintenir la pression internationale contre la colonisation et les violences qui alimentent l’instabilité dans les territoires palestiniens occupés.







