Pétrole iranien : la Chine entre dépendance et prudence stratégique
Depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, la Chine se retrouve dans une position délicate. Pékin est à la fois l’allié historique de Téhéran et son principal client pétrolier, recevant plus de 90 % des exportations iraniennes de brut. Cette dépendance massive, qui représentait environ 1,38 million de barils par jour en 2024, expose directement l’économie chinoise à toute interruption d’approvisionnement au Moyen-Orient.
Le détroit d’Ormuz : talon d’Achille de Pékin
Plus de 40 % du brut acheté par la Chine transite par le détroit d’Ormuz, désormais évité par les principaux armateurs mondiaux en raison du conflit. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie, 83 % du pétrole passant par ce point stratégique est destiné à l’Asie. La Chine seule voit 45 % de son pétrole emprunter cette route, contre 50 % pour l’Inde et 68 % pour la Corée du Sud.
Des stocks pour amortir le choc
Face au risque, Pékin dispose toutefois de réserves stratégiques constituées ces derniers mois. Cependant, les sanctions américaines visant des raffineurs indépendants chinois ont déjà commencé à freiner les achats de brut iranien. À long terme, la Chine accélère sa transition vers les véhicules électriques qui représentaient 50 % des ventes de voitures neuves en 2024, réduisant ainsi progressivement sa vulnérabilité énergétique. Mais à court terme, le dilemme entre fidélité à Téhéran et protection de son économie reste entier.







